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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 04:43


Banque : entreprise dont l’objet est le commerce de l’argent. Elle est chargée de collecter les dépôts et l’épargne de ses clients, de trouver des solutions de financement à leur projet, d’effectuer des paiements pour leur compte et de gérer des valeurs boursières.


Dans cette définition très générale du rôle de la banque, nous trouvons une description réaliste de ses activités et de la fonction qu’elle remplit dans notre société, occidentale et « moderne ». L’essentiel de ses revenus provient de son aptitude à « gérer » de l’argent et à produire un certain nombre de services financiers reliés à cette gestion, de manière plus ou moins directe.


Interrogés sur le rôle présume de la banque, la majorité de ses clients identifient les deux activités suivantes :


1) la gestion des dépôts (salaires, épargnes, etc) et des paiements (virements, retraits, chèques et cartes)


2) le « prêt » immobilier


Le lecteur remarquera probablement que le mot « prêt » est dans ce texte toujours accompagné de guillemets dès lors qu’il s’agit de crédit. Il y a, à mon sens, un abus de langage dans la pratique banalisée de cette association sémantique entre prêt et crédit. Dans le dictionnaire, « prêter » consiste à « confier provisoirement quelque chose à quelqu’un ». Il n’apparaît pourtant dans le même dictionnaire aucune mention d’un quelconque versement d’intérêts en échange du dit prêt.


En fait, dans le cas des banques, il semble plus approprié d’utiliser le terme « location ». Une personne ayant recours au crédit bancaire dira alors « j’ai loué de l’argent pour acheter la maison, ça valait mieux que de la louer… », ou encore « les locations d’argent sont l’une des activités principales des banques de détail… », ce qui correspond bien mieux à la réalité que vivent chaque jour les consommateurs endettés.


Un observateur paranoïaque pourrait également se demander si le choix du mot « prêt » dans le marketing des banques est vraiment si innocent qu’il en a l’air. « Prêter », c’est ce que fait un ami quand on a un coup dur ou ce que fait un enfant quand il apprend le partage. Les organismes de crédit ont-ils voulu s’approprier cette part inconsciente d’entraide et de sympathie que le mot « prêt » porte en son sens ? En regardant certaines publicités pour les crédits à la consommation par exemple, le même observateur paranoïaque pourrait être pris de vertiges : la représentation qui est faite du crédit est toujours très enfantine et innocente : un doigt bienfaiteur donnant des « coups de pouce » aux emprunteurs, ou encore un bonhomme vert jouant au frisbee avec les enfants sur la plage des vacances, payées à crédit.


On ne voit pourtant nulle part le drame que vivent de nombreux ménages surendettés, ni les huissiers qui saisissent les biens de ceux qui ne peuvent plus payer leurs mensualités, les chargés de recouvrement menaçants, ou encore les commerciaux insistants qui expliquent que « tout est possible » sur les coins de tables en contreplaqué du « pays où la vie est moins chère », à condition qu’elle se paye en plusieurs fois bien sûr…

Il est paradoxal, lorsque l’un d’entre nous a besoin d’argent, qu’il lui soit plus naturel de demander à la banque de « l’aider » plutôt qu’à ses proches (familles, amis, collègues, …) et cela même quand il s’agit de sommes relativement petites. Il semble acquis, dans l’imaginaire collectif, que la banque contrôle l’argent et qu’elle est donc l’interlocuteur le plus crédible pour le « prêter » ou le « gérer ».


C’est la nature profonde de la mission de la banque qui est ici en jeu.

Pourvoyeuse de financement en échange d’un taux d’intérêt, la banque participe à un système structurellement inflationniste : pour consommer on « emprunte », pour rembourser ce que l’on « emprunte », on augmente le prix de ce que l’on vend (y compris son travail), pour faire face à cette augmentation de coût, notre acheteur augmente les prix ou « emprunte », etc etc


Offrant un taux d’intérêt à ceux qui lui confient leur épargne et leur trésorerie, la banque centralise des réserves qui auraient pu être prétées (dans le vrai sens du terme) ou investies dans des projets ayant un impact social et économique positif, même s’ils sont financièrement moins « rentables » qu’un placement à intérêts.

Faisant miroiter aux consommateurs l’accès à un monde matériel dont leur pouvoir d’achat réel les exclut, la banque fait partie d’un système qui les encourage a s’endetter pour pouvoir satisfaire leur conformité à une norme conçue pour être juste un peu au- dessus d’eux… On voit ainsi apparaître un univers de biens et services accessibles à crédit qui démultiplie les possibilités de possessions matérielles, offrant un accès virtuel à la classe de pouvoir économique supérieure à chaque individu solvable (ou non) dans la société de consommation.


C’est dans ce contexte qu’est discutée l’ouverture (déjà effective dans certains pays) de « banques islamiques » en Occident. Tous les journaux financiers de la place vantent les mérites de ce « nouveau marché » qui pèse entre 300 et 600 milliards de dollars selon les estimations et l’évolution assez fluctuante de la monnaie américaine. Cette « demande islamique » n’inclue pas encore réellement celle des « musulmans vivant en terre non musulmane », et est essentiellement constituée de riches investisseurs et d’organisations du Golfe et d’Asie du Sud Est.


Cette demande à forte capacité d’investissement est traitée déjà depuis plusieurs années par les banques traditionnelles qui ont même, pour certaines, créé des filiales dédiées afin d’endosser un marketing plus « oriental » sans remettre en cause l’appartenance culturelle de la maison mère au modèle bancaire occidental classique. Des ingénieurs spécialisés sur les produits prétendus conformes à la Shari’a ( prononcer « charia-complayante ») planchent du matin au soir pour « halaliser coûte que coûte l’inhalalisable », au moins sur les jolis prospectus bordés de calligraphies arabes…


Discussion sur un "desk" de "trading" d’une grande banque d’investissement française :


 Un ingénieur-naïf : Et ce produit, comment tu vas le rendre « charia-complayante » ?


 Un ingénieur-plus-naïf-depuis-longtemps : Facile, on remplace les actions « aram » (pour « haram », interdit en Islam) comme Heineken par des actions autorisées, comme Coca Cola ou Nestlé. Ensuite, pour les paiements d’intérêts, on fait un achat-vente de matière première ou on paye au client le portage… Il ne reste plus qu’à le soumettre au « charia-borde » (pour « Shari’a board », conseil religieux chargé de valider les produits vendus à une clientèle « Shari’a »).


 Un ingénieur-naif : Ah d’accord…


Autre extrait dans une équipe d’ingénierie d’une (très) grande banque d’investissement anglo-asiatique :


 La chef : Alors, dans les demandes qu’on a cette semaine, y’a du « charia ». Qui s’en occupe ?


 Un ingénieur-encore-un-peu-naïf : Il faudrait vraiment regarder dans le détail ce qu’ils nous demandent pour être sûrs que ça correspond vraiment à ce qu’ils espèrent, ça va prendre un peu de temps…


 La chef : Non, ne te casse pas la tête, ils savent pas vraiment ce qu’ils veulent de toutes façon. Utilise la présentation qu’on avait faite la dernière fois pour Bank-Arabian-American ou Saudi-British-Investments, je ne sais jamais qui est qui !


 Un ingénieur-encore-un-peu-naïf : Ah d’accord…


Ces extraits de conversations montrent deux choses : la première est que la norme légale et l’éthique économique musulmane sont considérées par les banques comme des caractéristiques marketing du client, ni plus, ni moins, un peu comme une préférence culturelle ou un goût particulier pour certains styles vestimentaires (sans même parler de l’homogénéisation de ladite clientèle a une entité arabo-islamisante floue à laquelle on peut indistinctement servir les mêmes « solutions personnalisées » en changeant le nom en haut de l’offre…).


La seconde est que la décision et la structuration de l’investissement est morcelée entre plusieurs intervenants au sein même de la banque. Le projet soumis pour approbation au Shari’a board est donc bien souvent truffé d’omissions et d’imprécisions (involontaires ?), afin d’obtenir la validation tant convoitée du produit. La responsabilité du Shari’a board se limite à l’avis qu’ils ont rendu, compte tenu des éléments dont ils disposaient, bien souvent incomplets (les éléments).


Une banque islamique, c’est comme un Mac Donald’s halal : un concept dont le sens même est à questionner.

Le rôle que joue la banque aujourd’hui dans le contrôle des pays en développement, la réalisation de richesses pour des investisseurs déjà largement dotés au détriment des autres, l’assujetissement des consommateurs "frustrés" à une servitude quasi-volontaire par la dette, la rend tout simplement incompatible avec l’éthique musulmane. Comment donc faire coéxister ces deux idées sans entrer sur le terrain des compromis innacceptables ?


Fleurissent aujourd’hui dans la communauté musulmane occidentale d’ardents défenseurs de cette « nouvelle finance », prêts à supplier les banques classiques de répondre à leur appel de consommateur. Ces dernières, naturellement attirées par l’intérêt financier que cette nouvelle clientèle représente, doivent répondre de manière stratégique à la question suivante :


« Dans le climat actuel, où les musulmans ne sont pas très populaires dans notre société, les bénéfices générés par cette nouvelle clientèle compensent- ils, à moyen terme, les retombées négatives sur notre image de marque pour avoir cédé à ce que certains appellent déjà "la pression communautariste" ? »


On voit bien que la réponse à cette question change d’un pays à l’autre, dépendant de la place que les musulmans occupent dans ce pays, de leur perception par les autres citoyens et par les gouvernants, de leur pouvoir économique, de leur stratégie d’influence (si elle existe), etc…


Si les banques françaises n’ont pas encore répondu a cette question, alors on se permettra de nous en poser une autre : Est-ce une mauvaise nouvelle ?

 

« Pourquoi les intérêts sont-ils interdits en Islam ? »


 « Je voudrais m’acheter une maison, est-ce-que vous pouvez me faire un prêt ? »


 « Comment la finance de marché pourrait-elle devenir islamique ? »


 « Vous autres musulmans passez votre temps à critiquer le système existant, mais qu’avez-vous donc à proposer ? »


 « Peut-on être musulman et capitaliste ? »


 « Pourquoi les pays africains ne peuvent-ils jamais rembourser leur dette ? »


 « Existe-t-il une économie musulmane ? »


 « Un frère m’a dit que c’était "haram" de prendre une assurance, est-ce vrai ? »


 « Pourquoi est-ce-que je ne pourrais pas investir en bourse ? »


 « Si vous n’êtes pas content du système ici, pourquoi n’allez vous donc pas dans un pays musulman ? »


 « Moi je veux bien investir, mais ça ne m’intéresse pas si c’est risqué. N’êtes-vous pas d’accord ? »


Autant de questions notées sur des bouts de papier au détour d’une conférence, d’une discussion, d’un repas, qui sont autant de facettes du problème économique, social et moral auquel nous devons faire face sans trahir notre religion et (donc) notre éthique.


Si ces interrogations semblent être très hétérogènes dans leur forme, elles appellent le même débat de fond :

Comment définir les bases d’un système économique juste et garantissant des relations équitables entre chaque intervenant du système, du consommateur occidental (ou pas), à l’agriculteur du bout de la planète, en passant par les gouvernements, les entreprises, les familles, etc… ?


Le Coran et la Sunna du Prophète Muhammad (asws) nous donnent un mode opératoire précis et efficace permettant l’établissement d’un tel système, duquel on peut préciser ici quelques lignes directrices :


1 -Interdiction absolue des intérêts

 

2 -Interdiction de la spéculation


3 -Introduction d’une responsabilité morale dans les relations socio-économiques


4 -Définition de contrats-cadres entre des intervenants économiques pour garantir l’équité des transactions


5 -Système de redistribution des richesses et de prise en charge des personnes en difficulté via la Zakat (incluant également une contribution spécifique de la part des non-musulmans)


6 -Promotion de relations économiques fortes entre pays voisins


7 -Régulation des prix de marché par la priorité donnée à l’économie réelle sur l’économie spéculative


8 -Usage de valeurs de référence (étalon-or notamment)


9 -Schémas de résolution concertée pour les litiges commerciaux


10 -Responsabilité de chaque homme et femme quant à l’acquisition de ses richesses et à l’usage qu’il/elle en fait


11 -Etc, etc…


Toutes ces mesures et recommandations sont applicables immédiatement pour peu qu’on ait l’entière et profonde conviction de leur ultime sagesse (ce qui est le cas de l’auteur), et l’engagement moral suffisant pour s’y conformer, avec la sincérité et la constance que nous devons à notre foi (ce qui manque encore aujourd’hui à la majorité d’entre nous, à commencer par l’auteur).


Une fois d’accord sur l’objectif à atteindre (justice économique et sociale garantie pour tous et toutes par un système socio-économique respectant l’éthique et le droit musulmans), deux chemins (ou plutôt deux attitudes) s’offrent à nous, que je présente ici comme le feraient leurs défenseurs respectifs :


1) « Le système actuel est mauvais et injuste, mais il est trop largement répandu et accepté pour qu’on puisse le changer brutalement. Si on veut vraiment influer positivement sur le cours des choses, il faut accéder aux leviers de pouvoir de cette société pour pouvoir enfin la réformer de l’intérieur. Cela ne veut pas dire que nous devons trahir nos idées, mais il faut être réaliste et comprendre les défis auxquels nous devons faire face pour pouvoir y répondre : le problème du logement qui touche tant de familles musulmanes, la circulation d’argent en direction des pays pauvres qui serait complètement paralysée si le système bancaire disparaissait, le coût de la vie qui exploserait si on bloquait les rouages de l’économie globale, etc…


Le système économique peut être adapté, pour devenir au fur et à mesure pleinement conforme à notre éthique et à notre religion, et nous permettre ensuite d’atteindre notre objectif de justice sociale et économique à l’échelle planétaire. Bien sur, ce n’est pas pour demain, et il va falloir du temps avant que tout soit parfait (autant que quelque chose puisse vraiment l’être dans ce monde), mais au moins nous aurons posé la première pierre dans la reconstruction d’un édifice auquel nous aspirons tous : un Islam fort, conscient des défis de notre temps, sans pour autant renier la richesse de son passé. »


2) « Nous rejetons le système capitaliste actuel. Et avec lui tout ce qu’il représente : ses valeurs, les intérêts des puissants auxquels il profite exclusivement et, plus que tout, la servitude à laquelle il condamne tant de nos frères et sœurs à travers le monde sans que l’un de nous lève le petit doigt. Le système bancaire et financier d’aujourd’hui a remplacé les chaînes et les fouets d’autrefois. La colonisation physique et militaire a laissé place à une colonisation économique et culturelle dont nous sommes le plus souvent, musulmans d’Occident, d’inconscients et fidèles serviteurs.


Faire des compromis avec un tel système pour pouvoir s’acheter des maisons et des voitures, c’est faire très précisément ce que le système attend de nous : devenir quelques millions de consommateurs de plus dont la religion est devenue une identité-marketing, accepter la situation des malheureux de ce monde tant que notre confort personnel n’est pas remis en cause, échanger une intégration de façade contre une désintégration de notre intégrité morale et religieuse.


Un autre système est possible, mais il nécessite d’être construit de zéro, pour ne pas être corrompu par les idées du système capitaliste actuel et rester fidèle à l’Islam. Pour peu que nous soyons cohérents avec nos idées, d’autres viendront nous aider et nous soutenir, qu’ils soient musulmans ou non, quand ils auront vu pour eux même la réelle justice de ce que nous avons à proposer. Le système capitaliste d’aujourd’hui implosera alors de lui même. »

Le lecteur ressentira peut être une affinité naturelle avec l’un de ces discours plus qu’avec l’autre, mais il m’est personnellement bien impossible de dire lequel est celui que nous devrions suivre, en tant que communauté de croyants. Bien que mon cœur penche plutôt vers le deuxième choix (surtout parce qu’il nous renvoie à notre examen de conscience et appelle en nous une envie de réforme et un refus de l’injustice), je comprends également les arguments du premier, même s’il se drape souvent dans le langage des dominants fait de réalisme, de pragmatisme et de sens du compromis.


Il appartient aux gens de Science (je ne parle ici ni d’orientalistes voulant nous soigner pour notre salut, ni d’experts en économie visionnaires, mais de savants musulmans capables d’interpréter de manière authentique le message de l’Islam à la lumière du contexte actuel) de nous préciser la (ou les) marche(s) à suivre sur cette question.

Comment répondre aux attentes de millions de familles musulmanes européennes pour qui l’acquisition d’un logement est le premier facteur de stabilité, ainsi qu’un élément déterminant dans leur qualité de vie et celle de leurs enfants ? Quelles réponses pratiques apporter concernant le financement des voitures, les contrats d’assurances, l’épargne et les services bancaires de la vie quotidienne ?


C’est pour enfin agir concrètement sur ces questions que les musulmans britanniques ont approuvé en grande majorité la création de l’Islamic Bank of Britain (IBB), fondée par des musulmans dans le respect de la Shari’a et du droit financier britannique (dont le législateur a concédé quelques aménagements pour faciliter les transactions immobilières conformes à l’Islam). La banque offre aujourd’hui une large gamme de solutions d’épargne et de financement, ainsi qu’une série de services bancaires plus généraux (internet banking, cartes de paiement, comptes multidevises, etc…).


Bien sûr, il reste encore pas mal d’efforts d’ingénierie financière et juridique à réaliser afin que les solutions apportées soient plus que de simples contournements des services financiers classiques. Mais au moins, les dirigeants d’IBB font preuve de suffisamment d’honnêteté et de sincérité pour reconnaître les imperfections de leur offre et l’améliorent au fil de leur expérience.


Ces considérations font qu’il existe un gouffre (moral et éthique) entre une banque créée par des musulmans comme IBB (avec parfois des erreurs et des manques) et une succursale d’une banque classique tentant maladroitement (voire hypocritement) de séduire le « marché-musulman » à coups de logos et de calligraphies orientales sur leurs prospectus.


On peut (légitimement) être insatisfait de ces solutions bancaires transitoires, mais elles ont le mérite de répondre à de larges demandes de manière acceptable, quoique parfois discutable sur leur impact économique et moral à long terme. Elles sont impatiemment attendues en France par des milliers de musulmans désireux de pouvoir enfin « avoir une banque à qui parler » sans que quelqu’un appelle la sécurité à chaque mention des mots « musulmans », « halal », « haram » ou tout simplement « responsabilité morale » dans le bureau d’un chargé de clientèle.


Côté pratique, les femmes musulmanes portant le hijab qui se sont vues refuser l’accès au sas de sécurité d’agences bancaires en France apprécieraient également d’être traitées avec un minimum de respect de leur dignité humaine, dans un pays où chaque défenseur d’une certaine vision de la laïcité se sent profondément et personnellement investi du devoir d’expliquer aux musulmans, par la pratique si possible, qu’ils ne sont pas les bienvenus ici s’ils espèrent pratiquer sincèrement leur religion.


Insatisfaits du système bancaire classique, il reste à proposer, insha Allah, une alternative crédible et novatrice qui remette en cause les valeurs mêmes sur lesquelles ce système repose, en lui faisant porter les injustices et contradictions qu’il contient, puis en montrant, sur quelques exemples pratiques, comment un groupe d’individus, sans distinctions, peut trouver des solutions justes en matière de financement d’entreprises et de logement, d’assurance mutualisée ou de gestion de collectivités.


La plus grande force du système est de nous convaincre (presque) tous de son inéluctabilité et de sa toute puissante rationalité. Soyons, si Dieu (swt) nous y autorise, un petit grain de sable accessoire de son déraillement…

 

 

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