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20 juillet 2012 5 20 /07 /juillet /2012 01:26

Brève histoire du Portugal
et de sa langue

Remarque: les débuts de l'histoire du Portugal se confondent avec celle de l'Espagne. C'est pourquoi les premières parties de cet article sont identiques (cf. Brève histoire linguistique de l'Espagne et de ses régions) jusqu'à ce que l'Espagne et le Portugal forment deux entités politiques distinctes au XIIe siècle.

Plan de l'article
 

1 Les premiers peuples

1.1 Les Ibères
1.2 Les Celtes
1.3 Les Basques et les autres peuples

2 La période romaine

2.1 La latinisation des populations
2.2 Le latin populaire

3 Les invasions germaniques

3.1 La diversité des royaumes germaniques
3.2 La formation des langues romanes
3.3 Les conséquences linguistiques en galaïco-portugais

4 La période arabo-musulmane (711-1492)

4.1 Précision des notions
4.2 La conquête musulmane
4.3 L'influence de l'arabe en galaïco-portugais

5 La naissance du royaume portugais

6 La Reconquête chrétienne

6.1 Le début de la Reconquête
6.2 Le rôle du Portugal dans la Reconquête
6.3 La galicianisation

7 L'avènement de la langue portugaise

7.1 L'officialisation du portugais
7.2 La normalisation du portugais
7.3 La séparation du galicien et du portugais

8 L'empire colonial du Portugal

8.1 Les grandes découvertes
8.2 La concurrence du castillan
8.3 L'expansion coloniale portugaise

9 Le déclin de l'Empire portugais

9.1 L'Union ibérique (1580-1640)
9.2 La monarchie constitutionnelle

10 La République portugaise

10.1 La dictature de Salazar
10.2 La révolution des Œillets et la politique socialiste
10.3 La Communauté des pays de langue portugaise

1 Les premiers peuples

Plusieurs peuples s'installèrent dans la péninsule Ibérique dès l'Antiquité. Mentionnons les Ibères, les Phéniciens, les Celtes, les Basques et les Carthaginois, sans oublier les Grecs et les Romains. Ceux qui laissèrent les traces les plus profondes furent sans contredit les Romains, car ils y ont laissé des peuples de langue romane et une religion, le christianisme. Le seul peuple qui habitait la région dans l'Antiquité et qui existe encore aujourd'hui, ce sont les Basques. 

1.1 Les Ibères

Dès l’époque néolithique, soit vers le VIe millénaire, un peuple aux origines encore mystérieuses, les Ibères, s’installèrent en Europe occidentale. Certains historiens croient que les Ibères seraient originaires de la région de l'Èbre, alors appelé Iberus, tandis que d'autres affirment qu'ils seraient arrivés d'Afrique du Nord entre 4000 et 3500 avant notre ère. On sait cependant avec certitude que, vers l'an 3000, les Ibères avaient gagné la péninsule Ibérique pour s'y établir le long de la Méditerranée (voir la carte). Ils formaient plusieurs peuples, dont les Lacetani, les Sordones, les Indigetes, les Hercavones, les Edetani, les Contestani, etc. Leur langue, l'ibère (avec ses nombreuses variétés dialectales), une langue préindo-européenne, est attestée dans des inscriptions qui n’ont pas encore été déchiffrées. Cette langue autochtone devait progressivement s'éteindre vers le Ier ou le IIe siècle de notre ère, pour être remplacée graduellement par le latin et, plus tard, par les langues romanes.

Au IIe millénaire, les côtes méditerranéennes furent occupées par les Phéniciens et les Grecs. Ce sont les Grecs qui ont désigné la péninsule Iberia (en français: Ibérie), sans doute en souvenir des premiers occupants, les Ibères.

1.2 Les Celtes

Vers l’an 1000, des vagues d’immigrants venus de la Germanie et de la Gaule, les Celtes, arrivèrent par le nord et s’établirent dans la vallée de l’Èbre, à l’ouest de la région occupée par les Aquitains et les Ibères, ce qui correspond aux régions actuelles de la Castille-La Manche, la Castille-et-León, les Asturies, la Galice et le Portugal. À l'instar des Ibères, les Celtes étaient composés de nombreux peuples: les Gallaeci, les Astures, les Vaccaei, les Carpetani, etc. Parmi ceux-ci, les Lusitani (ou Lusitaniens en  français) et les Vettones (ou Vettons en français) sont arrivés avant tous les autres; on les qualifie de «peuples préceltiques». Les Lusitaniens furent à l'origine de l'identité des Portugais. On croit aussi que les Ligures ont peut-être également occupé la péninsule avant l’arrivée des Celtes. Par la suite, Celtes et Ibères ont coexisté et se sont mélangés en formant le fond celtibère de la population de la péninsule. Les Celtibères parlaient des variétés de langues celtiques de type archaïque; c'étaient des langues relativement différentes des variétés gauloises parlées au nord de la Péninsule, en Gaule (aujourd'hui la France). Ils ont laissé des traces dans plusieurs noms de lieux comme Berdún, Salardú, Navardún ou au Portugal Conimbriga.

1.3 Les Basques et les autres peuples

Au nord, les Aquitani (ou Aquitaniens), des Proto-Basques, furent les ancêtres des Basques actuels. Présents avant l'arrivée des Celtes, les Proto-Basques descendraient des habitants de l'époque préhistorique. L'origine de cette langue préindo-européenne est encore largement inconnue et elle se confond avec celle du basque.

Dans l'actuelle Algarve, donc au sud du Portugal actuel, vécurent les Turdetani (ou Turdétaniens), un peuple ibère, mais existaient aussi dans l'actuelle Andalousie (sud de l'Espagne) les Tardessos (ou Tartessiens), lesquels parlaient des langues différentes de leurs voisins, probablement des langues apparentées au berbère, donc des langue de type chamito-sémitique.

Au cours du Ve siècle, les Carthaginois venus de l’Afrique du Nord étendirent leur domination dans le sud de la péninsule Ibérique; ils liquidèrent les Turdétaniens et les Tartessiens. Dès le IIIe siècle avant notre ère, les Carthaginois entrèrent en conflit permanent avec les Romains qui n’écrasèrent leurs ennemis qu’en 201 avant notre ère. La civilisation carthaginoise fut définitivement évincée lors de la victoire de Rome et la destruction de Carthage (en Tunisie) en -146, après un siège de quatre ans.

2 La période romaine

Débarrassée de sa grande rivale, Carthage, Rome entreprit l'expansion de son empire, qui devait se poursuivre dans la péninsule Ibérique. Au cours de la deuxième guerre punique (218-202 avant notre ère), les Ibères accueillirent d'abord avec satisfaction les troupes romaines du général Scipion l'Africain (235-183 av. notre ère), afin de se libérer de la domination carthaginoise. Mais, devant la politique coloniale répressive des Romains, les Ibères se ravisèrent. C'est pourquoi les Romains connurent certaines difficultés pour imposer la «pax romana» dans toute la péninsule Ibérique, qu'ils nommèrent Hispania, un mot issu du phénicien ("i-shepan-im") latinisé en "I-span-ya" signifiant «terre des lapins», car la péninsule Ibérique était reconnue pour l'abondance de ses lapins. Au cours des siècles, le mot Hispania (en français: Hispanie) allait évoluer pour devenir España ("Espagne").

2.1 La latinisation des populations

La romanisation complète de la péninsule prit deux cents ans. Elle se fit par étape, en partant de l'est vers l'ouest (voir la carte de gauche). Les Romains occupèrent le Nord-Est en -218 et assujettirent quelques peuples ibères (Sordones, Ausetani, Indigetes, Laietani). En l'an -197, tous les autres Ibères (Cessetani, Ilercavones, Edetani, Contestani, Bastetani, etc.), c'est-à-dire ceux qui habitaient le long de la Méditerranée, passèrent sous le joug romain. En 157 avant notre ère, ce fut le tour des Lusitaniens et des Vettons, puis des Vaccéens en -133 et enfin des Galiciens ("Gallaeci") en -29.

La romanisation fut plus rapide au sud-est, soit en Hispania citerior (au sud de l’Èbre ou rio Ebro). Les habitants, notamment les Bastetani, les Turdetani, les Carpetani et les Celtibères, abandonnèrent rapidement, après une quarantaine d'années, leur langue pour parler le latin. Dans le Nord, région que les Romains appelaient alors l’Hispania ulterior (la Galice, le Pays basque et le Portugal actuels), c'est-à-dire l’«Espagne lointaine», la résistance fut farouche de la part des Lusitaniens, des Vettons, des Vaccéens et des Galiciens, car les Romains ne «pacifièrent» cette région qu’en l'an 29 avant notre ère.

C'est évidemment dans les Baléares (à l'extrémité orientale) que la latinisation (ou romanisation) se fit le plus rapidement, alors que c'est en Galice et dans les Asturies qu'elle eut lieu le plus tardivement. Non seulement la latinisation se fit progressivement d'est en ouest, mais elle ne se déroula pas au même rythme entre les habitants du Nord et ceux du Sud; certaines populations du Nord se latinisèrent parfois plus tardivement, soit à la fin du IIIe siècle de notre ère. Par la suite, toute la péninsule Ibérique se latinisa, à l’exception des Basques qui continuèrent à parler leur langue, malgré les pressions exercées par les Romains. Quant à la langue ibère, elle disparut définitivement, absorbée par le latin au cours des six siècles de l'occupation romaine.
 

L’Hispania romaine fut organisée et divisée en trois provinces: la Bétique (ou Baetica) au sud, la Lusitanie (Lusitania) au sud-ouest et la Tarraconaise (Tarraconensis) dans le reste de la Péninsule. Par la suite, furent ajoutées la Carthaginoise (Carthaginensis) sous la juridiction de la Tarraconaise et, au VIe siècle, la Béarique ou Balearica (îles Baléares). 

Étant donné que l’Hispania était située à l’extrémité de l’Empire romain, donc plus isolée, le latin parlé dans ces provinces demeura généralement plus archaïsant et moins ouvert aux innovations linguistiques venues de Rome.

D’ailleurs, beaucoup de formes latines anciennes furent conservées plus tard en castillan et en portugais. Par exemple, le vieux mot latin mensa («table») a donné mesa en castillan et en portugais, mais il a été abandonné en Catalogne, en Gaule et en Italie pour un nouveau mot, tabula, devenu taula en catalan, table en français et tavola en italien. On pourrait multiplier les exemples de ce genre, lesquels témoigneraient, comparativement au reste du monde romanisé, de l’évolution un peu différente du latin dans l’ancienne Hispania

2.2 Le latin populaire

La langue latine parlée par les populations ibéro-romanes ne correspondait guère au latin classique écrit, celui par exemple utilisé par le poète Virgile ou l'orateur Cicéron. Les Ibéro-Romans parlaient le latin dit «vulgaire» (de vulgus : qui signifiait «peuple»), un latin bien différent de celui des siècles précédents. C'était ce qu'on a appelé aussi le latin populaire, c'est-à-dire celui des colons, des soldats, des petits commerçants, etc., avec ses variations locales, en tenant compte des influences linguistiques des différents peuples qui composaient l'Empire. La romanisation a d'abord touché les villes, puis a gagné les zones rurales après une période plus ou moins longue de bilinguisme provisoire. Affranchie de toute contrainte, favorisée par le morcellement féodal et soumise au jeu variable des lois phonétiques et sociales, cette langue latine dite «vulgaire» ou «populaire» se développa librement sur un très vaste territoire. Elle prit, selon les régions, des formes les plus variées. Dans l'ouest de la péninsule, ce latin populaire s'est mélangé avec la langue lusitanienne préceltique, ce qui lui donna une couleur particulière et aboutira au galaïco-portugais.

Finalement, les populations ibériques firent plus que se latiniser, car vers le IIe siècle de notre ère, elles s'étaient aussi toutes christianisées. Ainsi, les peuples autochtones n'adoptèrent pas seulement la langue latine, mais également la culture romaine et, plus tard, la religion (le christianisme).

3 Les invasions germaniques

Les invasions «germaniques» commencèrent en 375 par l'arrivée des Huns, un peuple d'Asie centrale dirigé par Attila (395-453), dans l'est de l'Europe centrale. Comme par un effet de dominos, les Huns repoussèrent d'autres peuples, essentiellement germaniques, vers l'ouest. Les Huns boutèrent les Ostrogoths et les Suèves qui, à leur tour, refoulèrent les Wisigoths, les Vandales, les Alains, les Francs, les Alamans, les Lombards, les Saxons, les Angles, etc., vers l'Ouest. Les invasions germaniques se multiplièrent à un point tel qu'elles mirent en péril l'Empire romain. Ces peuples furent appelés par les Romains «barbares», d'où l'expression «invasions barbares», car ils venaient de l'extérieur de l'Empire romain, c'est-à-dire dans le Barbaricum, la «terre des Barbares». Aujourd'hui, dans les pays de langue germanique, on utilise plutôt le mot Völkerwanderung qui signifie «migration des peuples».

En Hispania, territoire situé à l'ouest de l'Europe, ces invasions ne débutèrent qu'en 409 avec les Vandales, puis elles furent suivies par les Suèves, les Alains et les Wisigoths.  En 410, les Suèves s'installèrent en Galice; en 412, les Wisigoths, devenus alliés des Romains, refoulèrent les Vandales en Bétique et dans les Baléares, les Alains en Lusitanie. Seuls les Basques conservèrent leur identité en raison de leur isolement dans les montagnes; ils réussiront à fonder un royaume distinct avec comme capitale Pampelune.

Au milieu du Ve siècle, les Wisigoths occupaient déjà toute la péninsule Ibérique ainsi que le sud de la France, soit de Gibraltar jusqu’à Toulouse, ville retenue comme capitale de l'Empire wisigoth. Dans la péninsule Ibérique, l’unification du territoire wisigoth fut assurée lorsque la capitale se fixa à Tolède, beaucoup plus au sud, après avoir cédé l’Andalousie aux Byzantins (556).

3.1 La diversité des royaumes germaniques

À la fin du Ve siècle, l'Empire romain d'Occident se trouvait morcelé en une dizaine de royaumes germaniques (voir la carte historique) : les Ostrogoths étant installés en Italie et dans le Monténégro et la Serbie actuels, les Wisigoths occupaient l'Espagne et le sud de la France, les Francs avaient pris le nord de la France et de la Germanie, les Angles et les Saxons avaient traversé en Grande-Bretagne, les Burgondes avaient envahi le centre-est de la France (Bourgogne, Savoie, Suisse romande actuelle), les Alamans étaient refoulés en Helvétie, les Suèves en Galice et une partie du Portugal, alors que les Vandales avaient conquis les côtes du nord de l'Afrique et s’étaient rendus maîtres de la mer Méditerranée par l'occupation des Baléares, de la Corse et de la Sardaigne. Tous ces empires s'écrouleront rapidement, sauf pour l'empire des Francs (en France).

Le royaume suève fut finalement intégré en 585 à celui du roi wisigoth, Léovigild, réalisant ainsi l'unité politique des Wisigoths. Les Wisigoths, sous le règne du roi wisigoth Recarède Ier, se convertirent au catholicisme en 589 et se mélangèrent aux Ibéro-Romans, créant ainsi une sorte de fusion entre les envahisseurs et les peuples conquis. Les invasions germaniques eurent pour effet de faire disparaître toute l'administration de l'État romain. Toutefois, l'organisation ecclésiastique réussit sans peine à se maintenir ; elle avait été adoptée dès le Ve siècle par les Suèves, puis par les Wisigoths. L'Église chrétienne devint ainsi un important instrument de stabilité au cours de cette période de germanisation. Évidemment, les différences linguistiques propres à l’Hispania s’accentuèrent avec les invasions germaniques.

3.2 La formation des langues romanes

Les Wisigoths, comme plusieurs autres peuples germaniques, ne purent imposer leur langue, le wisigoth, déjà passablement romanisé dès le Ve siècle, et adoptèrent plutôt celle du vaincu, une langue qui n’était plus le latin d’origine, car celui-ci s’était déjà beaucoup transformé; ce n'était plus du latin, mais du roman, sauf au Pays basque où le basque, une langue préindo-européenne, s'est maintenu, protégé par les montagnes. En effet, étant donné que les écoles et l'administration romaines avaient disparu, le latin populaire avait perdu de son uniformité et évolué de manière différente dans les nombreux royaumes germaniques. Autour des années 600, le latin populaire n'était plus parlé dans la péninsule Ibérique; il avait été remplacé par la multiplicité des langues romanes. En Galice, le roman avait acquis des caractéristiques locales, ce qui allait le conduire à l'élaboration d'une forme de proto-portugais. Toutefois, le latin écrit, avec ses influences germaniques et romanes, est demeuré la langue véhiculaire, liturgique et juridique : ce fut le latin médiéval qu'on appelle aussi le «latin d'Église» ou «latin ecclésiastique», très éloigné du latin classique employé par le poète Virgile (au Ier siècle avant notre ère).

Évidemment, la langue romane de cette époque était fragmentée en une multitude d'idiomes distincts. Même s'ils étaient tous issus du latin commun, ils s'étaient tous fragmentés en un grand nombre de langues plus ou moins différentes selon les régions. Dans toutes les parties de l'ancien Empire romain d'Occident, les peuples germaniques (Wisigoths, Suèves, Francs, Ostrogoths, etc.) édifièrent leurs royaumes, alors que le latin populaire se transformait selon les régions pendant que les peuples autochtones élaboraient graduellement leurs langues particulières. Ainsi, sont apparues les innombrables langues indo-européennes originaires du latin, les langues romanes. Le règne des Wisigoths dura un peu plus d’un siècle, jusqu'à l'arrivée des Maures en Hispania.

3.3 Les conséquences linguistiques en galaïco-portugais

Bien que les Wisigoths, en raison de leur faible nombre, n'aient pu imposer leur langue, le wisigoth a laissé un certain nombre de mots dans la langue portugaise (en réalité dans le galaïco-portugais), comme dans les autres langues de l'Hispania, notamment dans l'onomastique, dans des noms comme Rodrigo, Afonso, Álvaro, Fernando, Gonçalo, Henrique, Adães ; dans des toponymes comme Guimarães, Gondomar, Ermesinde, Esposende, Tagilde, Tresmonde, Trasmil; dans le suffixe -engo et dans le vocabulaire de la poésie ou de la guerre: guerra («guerre»), elmo («casque»), bando («bande»), guardar («garder»), agasalhar («défendre»), etc. Il en est ainsi de la lettre [ç] appelée la cédille en portugais moderne dont l'origine vient de la lettre ʒ dans l'écriture wisigothe.

En raison des contacts souvent belliqueux avec les Wisigoths, la plupart des emprunts du galaïco-portugais (qui deviendra le galicien et le portugais) au wisigoth concernent le vocabulaire de la guerre:

albergue («refuge»)
anca («croupe»)
ardido («courageux»)
bando («édit»)
bandido («bandit»)
barão («baron»)
bastião («bastion»)
brida («bride»)
burgo («quartier»)
campo («campement»)
dardo («dard»)
despejar («piller»)
guisar («préparer»)
escarnir (< escarnecer : «ridiculiser»)
esgrima («escrime»)
esporão («éperon») 
espezinhar («piétiner»)
ganhar («gagner»)
gardar («surveiller»)
guiar («guider»)
espião («espion»)
indemnização
(«indemnisation»)
intrépido («intrépide»)
paga («paye»)
rapar («raser»)
roubar («voler»)
roupa («vêtement»)
talhar («détruire»)

D'autres mots concernent la vie quotidienne, plus particulièrement le commerce, l'agriculture, le logement, le vêtement, etc. : toldo («tente»), sala («salle»), banco («banc»), sabão («savon»), toahla («serviette»), ganso («oie»), feltro («feutre»), estofa («étoffe»), cofió («coiffe» ou «fez turc»), falda («jupe»), ataviar («attirer»), sopa («soupe»), roda («rouet»), parra («feuille de vigne»), marta («marte»), texugo («blaireau»), ganso («oie»), branco («blanc»), harpa («harpe»).

Nous pouvons remarquer que certains germanismes passés au portugais correspondent à des germanismes similaires non seulement en espagnol, mais aussi en français: bandit, baron, bastion, bride, camp, dard, escrime, éperon, gagner, garder, guider, espion, indemnisation, intrépide, etc. Les Gallo-Romans, comme les Ibéro-Romans, ont en effet emprunté de nombreux mots aux vainqueurs; même si ceux-ci ont tous fini par perdre leur langue dans les pays conquis, ils ont laissé des traces de leur langue. Il existe des emprunts germaniques de ce genre en portugais, en espagnol, en catalan, en occitan, en français et en italien.

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commentaires

clovis simard 21/10/2012 13:39


Voir Blog(fermaton.over-blog.com)No.20 - THÉORÈME de la CHUTE. CHAOS de l'Empire Romain.

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