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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 04:56

Le Portugal ne possède aucune unité naturelle. Raconter son histoire revient tout d'abord à expliquer comment la Péninsule ibérique, malgré un destin commun jusqu'au XIIe siècle, s'est divisée en deux. C'est expliquer comment ce territoire a su prendre et conserver son indépendance en dépit des tentatives permanentes d'unification de son puissant voisin. En effet, les Basques, les Catalans et les Galiciens, malgré une forte individualité, ont fini, eux, par rejoindre le royaume de Castille pour former l'Espagne moderne.

Préhistoire et antiquité pré-romaine [modifier]

Articles détaillés : Lusitanie, Ibères, Celtes et Culture des Castros.

Dès cette époque apparaissent des caractéristiques qui vont amener le pouvoir romain et ses successeurs à distinguer les populations présentes sur la péninsule et donc à créer différentes divisions administratives.

Les plus anciennes traces de civilisation au Portugal datent du Paléolithique : peintures et gravures rupestres des grottes d'Escoural (Alentejo), de Mazouco (Tras-os-Montes) et surtout de Vale de Côa, datées entre 22 000 et 10 000 ans avant J-C. La majorité de ces traces se trouvent au nord du Tage et témoignent de l'existence de peuples nomades vivant de chasse et de cueillette. C'est le règne de l'homme du Néanderthal qui trouve son ultime refuge dans le territoire de l'actuel Portugal avant d'être remplacé par l'homo sapiens.

Environ 10 000 ans avant J.-C., la Péninsule ibérique est habitée par des peuples autochtones connus plus tard comme les Ibères. Ceux-ci occupent surtout l'intérieur des terres. L'agriculture tend à fixer les populations.

Entre 4000 et 2000 avant J.-C., les terres correspondant au Portugal et à la Galice voient se développer une culture mégalithique originale par rapport au reste de la péninsule: elle se caractérise par son architecture funéraire et religieuse particulière et par la pratique de l'inhumation collective. On peut encore trouver dans le pays de nombreuses traces de cette religiosité même si la plupart sont concentrées dans l'Alentejo : le cromlech d'Almendres près d'Evora (le plus important alignement de menhirs d'Europe), ceux de Vale Maria do Meio ou de Portela de Mogos ainsi que le dolmen de Zambujeiro.

Le cromlech d'Almendres

L'âge du cuivre puis l'âge de bronze voient se développer des contacts maritimes entre le littoral atlantique et celui de la Bretagne et des îles Britanniques alors que le sud de la péninsule entretient des liens commerciaux avec la Méditerranée : des Grecs et des Phéniciens venus de l'actuel Liban ainsi que leurs descendants carthaginois y installent de petits comptoirs commerciaux semi-permanents. Le moteur de ce commerce est la richesse de la péninsule en métaux (or, argent, fer et étain). Les Phéniciens auraient ainsi fondé Lisbonne autour de l'an 1000 avant J.-C. La légende veut même que ce soit Ulysse qui ait donné son nom à la ville. Mais seul le site d'Abul, près d'Alcácer do Sal, demeure incontestable. Les premières communautés urbaines font leur apparition autour de 2600 avant J.-C.

Parmi les peuples ibères se trouvent les Tartessiens, qui occupent l'est et le sud de la péninsule autour du Guadalquivir. Cette puissante civilisation, fortement influencée par les Phéniciens et les Grecs avec qui ils font commerce de bronze et d'argent, disparaît avec l'arrivée des Carthaginois en 235 avant J.-C.

L'âge du fer voit arriver dans la région un peuple indo-européen, les Celtes, (autour de 1200 avant J.-C.) occupant bientôt le centre et l'ouest de la péninsule. Ils restent les mieux connus: ils vivent regroupés en petits noyaux de population isolés, établis sur les hauteurs avec des habitations circulaires (castros) et pratiquant l'agriculture et l'élevage. Chaque maison (150 environ) est défendue par une enceinte (comme on peut en voir dans la Citânia de Briteiros). On trouve aussi dans ces regroupements un édifice funéraire. Comme ils maîtrisent le fer, le travail de la terre devient plus efficace, les cueillettes augmentent, améliorant par la même les conditions de vie et la démographie[1].

Les tribus celtes et ibères se sont mêlées pour donner les peuples celtibères dont font partie les Lusitaniens et les Gallaeci. Plusieurs tribus différentes couvrent ainsi la péninsule avec chacune sa particularité. Elles vivent, en général, autour des montagnes et ne s'intéressent pas à la mer. On voit apparaître une différenciation sociale, avec des chefs locaux et une élite de chevaliers.

Les Lusitaniens occupent une partie du territoire actuel du Portugal. Possédant déjà une langue différente, ils s'émancipent peu à peu de la culture celte et s'étendent vers l'Estremadure.

Les Carthaginois ont débarqué dans la Péninsule au IIIe siècle av. J.-C. et en ont occupé la moitié sud. Ils sont venus attirés par ses ressources minières mais aussi par la réputation des guerriers ibères, un atout précieux face à Rome. Avec les Lusitaniens qui s'allient avec eux, ils formeront même la principale résistance à l'invasion romaine dans la péninsule.

La région est ainsi le point de rencontre de populations venues d'horizons différents sur lesquelles va se greffer la culture romaine.

Province romaine [modifier]

Articles détaillés : Lusitanie, Hispanie romaine et Empire romain.
L'Hispanie en 197 avant J.-C.
L'Hispanie en 13
L'Hispanie en 286

La civilisation romaine imprègne le pays d'autant plus fortement que la résistance aux troupes romaines est particulièrement intense en Lusitanie.

Vers le IIe siècle av. J.-C., dans le cadre de la deuxième guerre punique[2] (entre 218 et 201 avant J-C), Rome soumet la péninsule Ibérique, apportant ainsi sa contribution à la composition ethnique de la population portugaise moderne. Carthage avait précédé les Romains, soumettant certaines tribus ibères. L'objectif des troupes romaines des Scipions est de prendre les troupes carthaginoises à revers et surtout de les empêcher d'y préparer un assaut sur Rome. Les Carthaginois sont expulsés. Cet épisode évolue très vite en une occupation militaire destinée à maintenir l'ordre et à assurer l'exploitation des ressources naturelles. En 197 avant J-C, le territoire est divisé en Hispanie citérieure et Hispanie ultérieure.

La pacification se révèle difficile. Les Turdétans au sud et les Lusitaniens à l'ouest se rebellent régulièrement, infligeant de sérieuses défaites aux Romains et l'obligeant à y renforcer ses troupes. En 147 avant J.-C., Viriatus, un Lusitanien, prend la tête de la résistance à cette invasion. Si on considère les Lusitaniens comme les ancêtres des Portugais, on peut comprendre que Viriatus soit devenu le symbole de la première résistance nationale. Il mène la lutte contre les troupes de Rome sous la forme de guérillas, mais est défait et meurt en 139 avant J-C.

En 133 avant J-C, Rome soumet définitivement la péninsule et met fin à la civilisation castrale en contraignant la population à s'installer dans les plaines pour son unification. Cette politique est à l'origine des villes de Braga (Bracara Augusta), Chaves (Aquae Flavia) ou Beja (Pax Iulia).

Sous la dictature de Sylla à Rome, l'aristocratie péninsulaire demande le soutien du général romain dissident Sertorius. Celui-ci repousse les troupes de Sylla. Il semble que son but ait été de construire dans la péninsule une république indépendante et de civiliser ces populations (79 avant J.-C.). Il crée ainsi un sénat et surtout une école chargée d'éduquer les fils de bonnes familles pour former une élite. Cet épisode sans lendemain révèle pourtant l'esprit d'indépendance de ces populations.

Le territoire est pacifié et colonisé par Jules César autour de 60 avant J.-C.

Sous le règne d'Auguste, en l'an 13, a lieu un nouveau découpage du territoire : l'Hispanie Ultérieure est divisée en Lusitanie et Bétique, séparées par le fleuve Guadiana. Un nouveau découpage en l'an 286, sous le règne de Dioclétien, donne naissance aux provinces de Lusitanie (au sud du Douro), et de Gallécie, au nord du Douro.

Les frontières du futur Portugal seront plus ou moins calquées sur celles des conventus romains. Cela laisse penser que ces divisions correspondaient à des tribus, des villages différents, ou, du moins, à des réalités sociales différentes[3].

Une variante populaire du latin vulgaire devient la langue dominante de la région et remplace tous les dialectes parlés auparavant créant ainsi une certaine unité. Les Romains introduisent l´écriture, les écoles, de nombreuses notions scientifiques et la propriété privée alors inconnue. Ils diffusent leurs mœurs et leur culture, imposent un découpage administratif et une organisation sociale héréditaire avec des seigneurs et des serfs - dans la culture romaine, le travail est considéré comme dégradant, un noble ne travaille donc pas. Les Romains dessinent également des routes, créent des villes, développent la culture des céréales, la pêche, la production de vin et de sel.

Cette occupation modifie le paysage architectural et donne son visage méditerranéen au pays. Citons en exemple le temple de Diane d'Évora, le forum d'Auguste ainsi que de nombreux amphithéâtres, temples et thermes.

Invasions barbares [modifier]

Autour du Ve siècle, des peuples barbares d'origine germanique envahissent une péninsule ibérique au sein d'un Empire romain en plein effondrement.

Parmi ces envahisseurs se trouvent les Suèves et les Wisigoths, qui peuplent ce qui est aujourd'hui le territoire portugais. Les Vandales et les Alains, arrivés également dans la région, sont rejetés ou partiellement intégrés par les Wisigoths. Ces nouveaux arrivants ont peu d'influence sur la langue, la plupart étant romanisés, ou sur l'organisation du territoire, puisqu'ils respectent les provinces existantes.

La péninsule en l'an 476

Les Alains, originaires d'Europe centrale et fuyant les Huns, s'installent en 409, sous l'autorité de Rome, en Lusitanie où ils restent jusqu'en 416 avant d'être réduits par les Suèves et les Wisigoths à la solde de Rome[4].

En 418, ces derniers, sont envoyés pour remettre au pas les Vandales, installés en Bétique depuis 411 mais pillant les régions alentours. Repoussés par les Wisigoths, ils finissent par s'établir en Afrique du Nord en 429.

Les Suèves arrivent également vers 409, s'établissent en Gallécie et y fondent un royaume. Le roi Herméric prête serment à Rome. Très vite, ils essaient de s'étendre, trouvant face à eux les Wisigoths en 418, mais réussissant à s'imposer au détriment des Alains. C'est un peuple rural et autonome ne se mêlant pas aux Romains. Ils prennent Braga comme capitale et se convertissent au christianisme une première fois en 448 grâce à l'évêque Martin de Braga. Le nord du Portugal devient dès cette époque un pôle religieux important. Rechiaire sera le premier roi européen chrétien à frapper sa propre monnaie.

Devant la puissance des Wisigoths, les Suèves tentent une alliance avec eux en 449. Mais, poursuivant leur stratégie expansionniste, ils subissent une défaite définitive face aux Wisigoths en 456. Le royaume suève est divisé puis réunifié en 464. C'est durant cette période de lutte entre royaumes suèves que Conimbriga est détruite. Les Suèves se convertissent à l'arianisme en 466 avant de revenir au catholicisme en 550.

Initialement envoyés par Rome comme armée, les Wisigoths finissent par dominer la Péninsule en 476 et mettre fin au royaume suève en décomposition en 585. La conversion au catholicisme en 589 du roi Récarède Ier lui permet de faire accepter son autorité sur l'ensemble des peuples de la péninsule. Le christianisme s'impose et tend à unifier les populations ibéro-romaines et barbares. Dans le même temps, la société se féodalise et les luttes internes à la noblesse se développent jusqu'à fragiliser le pouvoir.

On trouve des vestiges de la présence germanique dans la zone du Minho et de la Beira : chapelle de São Frutuoso de Montélios, basilique d'Egitânia (aujourd'hui Idanha-a-Velha).

Invasion arabe [modifier]

À partir du VIIe siècle, la Péninsule ibérique est envahie par les Maures venus d'Afrique du Nord : Arabes et Berbères nord-africains récemment convertis à la toute nouvelle religion : l'islam.

Ils débarquent dans le sud en 711, commandés par Tariq ibn ziyad à la tête de 7 000 hommes, remportent la bataille de Guadalete face aux wisigoths de Rodéric. À l'origine de cette bataille, il y a la crise de succession qui divise la noblesse wisigoth: le gouverneur de Ceuta demande l'aide des maures pour s'opposer à Rodéric. Dès 713, toute la péninsule est contrôlée, avec une présence musulmane (environ 500 000 individus) essentiellement concentrée autour de Cordoue et de Grenade.

Cette occupation de cinq siècles laisse une trace profonde dans les régions concernées, dans la langue[5], la toponymie (noms de villes commençant par al-), l'agriculture, le commerce et les mœurs; des mœurs qui tranchent avec celles des peuples déjà installés. Beaucoup de chrétiens reprennent les mœurs maures tout en gardant leur religion : les Mozarabes. D'autres vont jusqu'à la conversion à l'islam: les Mudéjares.

Les Maures conservent les divisions administratives pré-existantes. Ils nomment le pays al-Andalus et son occident Gharb al-Andalus (l'ouest d'al-Andalus, soit le Sud et le centre du Portugal).

En 759, Abd al-Rahman Ier ; dernier survivant des Omeyyades de Damas, échappe au massacre de sa famille par les Abbassides et se réfugie en Andalousie. Il contribue donc au maintien d'une branche des Omeyyades en fondant le premier État musulman totalement indépendant du califat islamique: l'Émirat de Cordoue, celui-ci se transformera avec Abd al-Rahman III en Califat de Cordoue. Plus tard se forment plusieurs royaumes musulmans indépendants politiquement (les Taïfas).

Le royaume asturien (en jaune) et l'occupation arabe (en vert)

Ces divisions facilitent la lutte d'une poignée de nobles wisigoths et de religieux ayant perdu leurs terres lors de cette invasion; regroupés au nord, sous la bannière du royaume asturien (incluant l'Asturie, le León, la Castille et la Galice), ils se rebellent en 750 pour reprendre leurs biens. Dès 718, le roi Pélage le Conquérant s'impose face aux Maures à la bataille de Covadonga. Cette première victoire annonce une avancée inexorable vers le sud qui prendra le nom de Reconquista (Reconquête): elle dure cinq siècles et s'achève en 1249 pour le Portugal. Elle est fondatrice de l'identité nationale du pays.

La fin de la Reconquista portugaise, aboutie bien plus tôt que celle de l'Espagne (1492), est accélérée par la chute du califat de Cordoue en 1031. Pour contrer alors la menace chrétienne, les Taïfas de Badajoz et de Séville font appel aux Almoravides. Ceux-ci en profitent pour occuper Cordoue et Séville, poussant le gouverneur de Badajoz à demander l'aide du León catholique en échange de villes comme Lisbonne, Santarém et Sintra.

En règle générale cette lutte entre chrétiens et musulmans ressemble moins à une guerre qu'à une suite de pillages, du moins jusqu'au XIe siècle et l'appel à la croisade.

Naissance du royaume de Portugal [modifier]

Sous le règne de Alphonse Ier (successeur de Pélage le Conquérant), les seigneurs d'Asturie s'emparent des territoires jusqu'au Douro.

Le royaume de León compte au début quatre divisions: les Asturies, le León, la Galice et la Castille. Chacune est dirigée par un comte. Au fur et à mesure des conquêtes, les terres sont divisées en comtés ou en duchés. En 868, Porto et Braga sont reprises[6]. À partir du IXe siècle, le Sud de la galice forme un comté dynamique autour de sa métropole religieuse, Braga, et de son port Porto. Il porte le nom de Portucale ou Terra portucalensis (pays de Portucale), rappelant le nom latin de Porto (Portus Cale ou Portucale).

La noblesse qui s'y installe fonde le Condado Portucalense, dirigé par Vímara Peres puis ses enfants jusqu'en 1071. De nombreuses incursions au sud du Douro donnent lieu à de nouvelles occupations par de nouveaux seigneurs qui eux-mêmes se rebellent bientôt contre le comte et cherchent à s'émanciper de l'autorité royale. Avec la bataille de Pedroso, la Galice annexe le comté mettant fin à cette rebellion.

En 1095, Urbain II lance la première croisade pour libérer les lieux saints et surtout réagir à la menace que représentent les Turcs récemment convertis à l'islam. Déjà, les réformes grégoriennes appellent à s'unir pour lutter contre toutes les croyances païennes et hérétiques.

C'est dans ce cadre que, en 1095, Alphonse VI de Castille et de León, annexant la Galice et le comté de Portugal, réunifie le royaume. Alphonse VI, marié à Constance de Bourgogne, fait appel à sa belle famille bourguignonne pour l'aider à reconquérir la péninsule. Raymond et Henri de Bourgogne, de la famille royale de France, font partie d'une noblesse en quête de terre et de prestige et répondent favorablement à l'appel.

En remerciement et pour consolider ses liens avec les autres monarchies, il donne à Raymond sa fille Urraque et en fait donc le futur roi de León et de Galice.

À Henri, il donne la main de sa fille bâtarde, Thérèse et le comté de Portugal[7]. Dès lors, celui-ci installe sa cour près de Braga, à Guimarães (considéré depuis comme « berceau » du Portugal). Il continue à prêter serment à Alphonse VI tout en bénéficiant d'une certaine autonomie, et poursuit la reconquête jusqu'au fleuve Mondego.

La bataille d'Ourique peinte par Domingo Antonio de Sequeira (1768-1837).

Des circonstances particulières permettent à Henri de prendre son indépendance: la mort du roi Alphonse VI et de son héritier. Urraque Ire de Castille monte alors sur le trône, provoquant des contestations chez ses vassaux. Henri refuse de lui prêter l'hommage et affirme son indépendance. À sa mort, sa veuve Thérèse de León, hérite du comté et poursuit cette politique d'indépendance. Pourtant son rapprochement avec la noblesse de Galice qu'elle réclame en héritage provoque le mécontentement de la noblesse portugaise. C'est alors son fils Afonso Henriques, né à Guimarães, soutenu par la noblesse portugaise opposée à cette alliance, qui se révolte contre sa mère — bataille de São Mamede en (1128)[8] — puis contre le nouveau roi Alphonse VII qui finit par en faire son vassal en échange de sa loyauté (traité de Tui en 1137).

En 1139, Afonso Henriques remporte sur les musulmans une bataille historique à Ourique et est proclamé roi par ses troupes sur le champ de bataille. La légende veut que le Christ lui soit apparu pendant la bataille. Cette situation est officialisée par le traité de Zamora (1143) par lequel Alphonse VII reconnaît le royaume du Portugal et son roi Alphonse Ier. Grâce à son habilité politique et guerrière, ce dernier a réussi là où d'autres comtés échouent, et gagne ainsi son indépendance.

La dynastie des Bourgogne [modifier]

Fin de la reconquête [modifier]

La reconquête et la formation du Portugal de 790 à 1300

Une fois reconnue son indépendance, le royaume de Portugal continue la lutte contre les Maures et rencontre plusieurs succès. Le 15 mars 1147 est conquise la ville de Santarém, une cité stratégique dotée d'un château réputé imprenable. Le 14 octobre 1147, est prise la ville de Lisbonne, importante source d'approvisionnement, grâce à l'aide de croisés en route pour la Terre Sainte. Puis tombent les cités d'Alcácer do Sal (1158) et de Béja (1162), ainsi que l'Alentejo (1168)

Avec ces défaites successives, les Almoravides sont remplacés par les Almohades dans le contrôle de la péninsule (1151). Le roi de Castille et León, Alphonse VII, sur le point de se faire doubler par Alphonse Ier pour la prise de Badajoz, s'allie aux Almohades pour l'en empêcher.

Lisbonne devient la nouvelle capitale du royaume et remplace Coimbra comme lieu de résidence habituelle du roi. Ce dernier est officiellement reconnu par le pape Alexandre III en 1179.

Les terres prises à l'ennemi sont confiées aux différents ordres religieux et militaires qui contribuent au succès de la reconquête (l'ordre de Santiago à Alcácer do Sal, Almada, Palmela, l'ordre du Temple à Santarém et dans la Beira Baixa, l'ordre cistercien à Alcobaça, l'ordre des bénédictins dans le Nord...) mais aussi à des populations groupées en communautés indépendantes (Concelho). Il s'agit de les occuper, de les défendre, mais aussi de les dynamiser, de les mettre en valeur et d'y attirer une population restée méfiante. Cette méfiance transparaît dans le caractère défensif de l'architecture romane. Cette époque correspond ainsi à une période de développement des villes et du commerce qui accompagne les croisades.

Cette reconquête ne s'achève qu'avec les successeurs d'Alphonse Ier.

Sanche Ier

Sanche Ier (1185-1211) prend Silves (3 septembre 1189). Mais les Maures profitent des dissensions entre les royaumes chrétiens (1185-1189) pour reprendre de nombreux territoires dont Alcácer do Sal le 10 juin 1191. Il faut attendre 1211, pour que l'offensive chrétienne reprenne, encouragée par le pape Innocent III. Le Portugal intervient également au côté d'Alphonse VIII de Castille pour vaincre les Maures lors de la bataille de Las Navas de Tolosa (16 juillet 1212).

Les ordres militaires et les seigneurs de plus en plus puissants sont devenus une menace pour le pouvoir royal. Par ailleurs, le roi refuse d'appliquer au Portugal le décret du pape sur la confiscation des biens des infidèles ce qui lui vaut, à lui et à son successeur, d'être excommuniés.

Son successeur Alphonse II (1211-1223) s'attaque aux abus et vérifie tous les titres de propriété des seigneurs (inquiriçoes). Le pouvoir royal en ressort légitimé.

Alcácer do Sal est définitivement reprise en 1217.

Sanche II (1223-1248) est très actif sur le plan militaire et prend Elvas et Juromenha (1229), Moura et Serpa (1232), Aljustrel (1234) et Mertola (1240). Il reçoit soutien actif du pape Grégoire IX qui lie la reconquête aux Croisades: le 21 octobre 1234, la bulle papale Cupientes Christicolas concède l'Indulgence à tous ceux qui aident le Portugal dans sa lutte. Les seigneurs en profitent pour échapper à l'autorité royale; le pays connaît alors une période d'anarchie. L'Église se considère délaissée au profit des ordres militaires, ce qui vaut à Sanche II les réprimandes du pape.

Alphonse III (1248-1279) est désigné par le pape pour le remplacer dès 1246 : Sanche II doit s'exiler. Le nouveau roi s'engage à rétablir l'ordre, à respecter le pouvoir de l'Église et de la noblesse. Le pouvoir royal ne s'en trouve pas pour autant affaibli et il doit à nouveau affronter le mécontentement de l'Église en 1266.

Il reprend l'Algarve en 1249, faisant de son royaume le premier état d'Europe à avoir atteint ses frontières définitives. En 1267, après un début de conflit, le traité de Badajoz signé entre Alphonse III et Alphonse X de Castille, fixe les frontières entre les deux royaumes.

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