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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 23:13

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L'Occident d'al-Andalus sous domination islamique (sous-titre)

Le Portugal a appartenu au monde musulman pendant cinq siècles et demi. Cette période largement occultée par l’histoire officielle qui fait débuter l’histoire du Portugal au XIIe siècle et été peu étudié par les spécialistes de l’islam qui se sont focalisés sur la brillante Andalousie. Christophe Picard répare un oubli dans cette somme très fouillée, appelée à devenir un livre de référence.

« Entre Méditerranée et océan Atlantique, l'Occident ibérique, conquis par les Arabo-musulmans à partir de 711, a été largement imprégné par la culture de la dernière grande civilisation méditerranéenne et orientale présente cinq siècles durant dans la région. La conquête chrétienne - et non la reconquête - commencée dès les premières décennies du VIIIe siècle et achevée, dans la zone occidentale, en 1250, a donné naissance au Portugal et au royaume de Castille, tandis que disparaissait la domination de l'islam et que refluaient les élites musulmanes au profit de nouvelles forces dominantes qui conservèrent toutefois, de manière consciente ou non, de nombreuses marques de ce passé musulman dans leur patrimoine. Pourtant, jusqu'à une période récente, seule la zone centrale d'Al-Andalus et les grandes dynasties ont retenu l'attention des historiens. Les recherches sur l'Orient ibérique ont représenté la première étape dévoilant la diversité d'Al-Andalus et l'importance, pour son élaboration, de ses régions périphériques. Les travaux en cours, s'ajoutant à des sources écrites et matérielles partielles mais nombreuses, permettent de montrer à quel point l'Occident d'Al-Andalus, marqué par sa proximité avec l'océan Atlantique, a connu un épanouissement qui mérite un examen attentif et a pesé de tout son poids sur les transformations de la société d'Al-Andalus. La restitution de cette histoire régionale et des grands traits de la société luso-arabe permettent également de reprendre les grandes questions qui animent le débat scientifique sur Al-Andalus. » (présentation de l’éditeur)

« Par le biais d'une étude historique, puis d'une analyse géographique et sociale, l'auteur met en évidence les spécificités du Gharb al-Andalus. Parmi elles s'inscrit la double dynamique politique qui a forgé cette région. D'une part, la conquête arabe n'y a pas endigué une histoire dominée par les dissidences. Il a fallu deux siècles au clan omeyyade pour circonvenir l'Al-Andalus et les élites locales, arabes et berbères mais aussi les grandes familles wisigothes souvent converties, restent puissantes, toujours prêtes à profiter du moindre affaiblissement du pouvoir central. D'autre part, une force centripète accompagne un processus d'acculturation des élites traditionnelles. "Toutes les grandes familles qui prennent le pouvoir dans la région (...) se conduisent comme des potentats musulmans ayant assimilés les pratiques de l'islam dont elles se réclament." Dès le IXe siècle, le ciment d'une identité arabo-andalouse prend puis, de Cordoue aux provinces les plus reculées, un modèle politique arabo-musulman se diffuse. La ville, centre politique par excellence et symbole de la civilisation islamique, avec sa mosquée et ses bains publics, se développe, attirant élites, marchands et artisans. "L'espace urbain reflétant seul l'univers mental des intellectuels musulmans", ceux-ci délaissent l'étude des campagnes, dans cette société pourtant très majoritairement agraire. (…) Cette région, toujours en résistance face au pouvoir central, est marquée par la permanence de grands clans et la "durée de ses lignages au sommet de la hiérarchie sociale". Pour réduire la puissance des chefs de clan et contribuer au développement économique de ces régions, le pouvoir central avait pris le pari d'une vaste démilitarisation de la région, assurant ainsi une paix et une prospérité, mais induisant la propre faiblesse militaire d'Al-Andalus face aux troupes chrétiennes. » (extrait d’un article d’Agnès Devictor, Le Monde, 31 août 2001)


I I I . HI S T O I R E

Picard Christophe, Le Portugal musulman (VIIIe-XIIIe siècle): l’Occident d’al-Andalus sous domination islamique [Adel Sidarus]

Picard Christophe,

Le Portugal musulman (VIIIe-XIIIe siècle):

l’Occident d’al-Andalus sous domination

islamique

Maisonneuve & Larose, Paris, 2000. 422 p., 8 pl.

 

Finalement le passé islamique du Portugal est dévoilé

au grand jour!

Son appartenance à al-Andalus (la péninsule Ibérique

sous domination musulmane), cette réalité a été fâcheusement

occultée par l’emploi abusif de la dénomination

«Espagne musulmane», dans la mesure où le premier de

ces deux termes se rapporte à une entité politique moderne

différente de celle du Portugal. Or, dans le cadre d’al-Andalus,

le territoire aujourd’hui portugais faisait partie du grand fiarb,

équivalent au Sud-Ouest ibérique. Plus tard, quand, sous la

domination berbère, surtout almohade, Séville devint la

capitale effective, ce nom vint à désigner pratiquement l’espace

entre le Tage et le Guadiana/Odiana (avec leur double

marge), et finit par se cristalliser sous la forme d’Algarve,

comme dénomination de la bande méridionale extrême du

Portugal, en parfait parallélisme avec l’évolution Andalus/

Andalousie.

Actuellement professeur d’histoire médiévale à l’Université

de Toulouse-Le Mirail, C. Picard étudie, depuis bientôt

vingt ans, cet extrême fiarb al-Andalus. Sa démarche d’historien

se fonde à la fois sur l’analyse des sources écrites

(historiques et géographiques) et sur l’étude spatiale et archéologique

du terrain. Il n’y a pas longtemps (1997), il

publiait, chez le même éditeur, une grosse monographie

sur la navigation atlantique: L’Océan Atlantique musulman...

(Portugal, Espagne, Maroc), où l’on peut constater les

mêmes présupposés scientifiques.

Le Portugal musulman, qui traite aussi, mais non systématiquement,

des provinces espagnoles limitrophes

(Estrémadure et Andalousie occidentale), étudie fondamentalement

l’espace et la société (Partie II, p. 131-318), avec

un riche exposé d’histoire politique (Partie I, p. 19-129). Le

reste du volume contient, à part l’introduction (abordant

surtout le problème des sources arabes) et la conclusion,

des cartes et schémas sur une vingtaine de pages, une

bibliographie d’une quarantaine de pages et des index détaillés

de quelque trente pages. Il faut ajouter 8 planches,

soit 4 feuilles doubles hors-texte (entre p. 220 et 221),

contenant 24 illustrations, dont l’existence et les légendes

ne sont pas mentionnées dans la table des matières.

C’est bien en matière sociale et économique que

l’A. innove et enrichit particulièrement nos connaissances,

permettant, à travers l’histoire régionale «de reprendre les

grandes questions qui animent le débat scientifique sur

Al-Andalus». Sur près de deux cent pages, structurées en

neuf chapitres, comportant souvent une conclusion, l’auteur

analyse et élucide les multiples dimensions de la réalité

sociale et économique: depuis la division administrative et

la répartition de l’habitat aux ressources et activités économiques,

en passant par le panorama des villes singulières,

le paysage et le réseau urbains, les dynamiques sociales et

économiques, en milieux urbain et rural tout à la fois, etc.

Le contenu de chaque chapitre se trouve bien articulé en

sous-chapitres qui reflètent la complexité des réalités et la

richesse du traitement. Partout, les perspectives ont été

élaborées à partir des textes et des données de l’archéologie.

Bien sûr, les connaissances relevant de l’ensemble du

territoire ibéro-islamique ont dû pallier les éventuelles omissions

et silences des chroniques de l’époque, eu égard à

une région périphérique comme la nôtre. Mais cela a été

fait avec circonspection. En outre, les sources chrétiennes

post-(re)conquête ont été largement mises en valeur pour

suppléer à ces lacunes.

Il resterait, peut-être, à procéder à une exploitation

méthodique des sources numismatiques luso-arabes,

aujourd’hui mieux connues grâce à de nombreuses découvertes

et aux travaux de J. Rodrigues Marinho d’un côté,

de A. Telles Antunes avec A. Sidarus, de l’autre (le relevé

bibliographique de l’A. dans ce domaine est loin d’être

complet...). Les données toponymiques ont certes été mises

à profit, mais on est loin d’une exploitation systématique

de l’ensemble du matériel. Du reste, on prendra garde à ne

pas considérer comme sûres ou définitives plusieurs

identifications de lieux luso-islamiques. Les sources géographiques

aussi ont été largement utilisées, et nous en

saurons gré à l’auteur. Toutefois, comme lui-même le signale,

ce genre de littérature pose de sérieux problèmes de lecture

et de fiabilité. Seule une critique textuelle et littéraire serrée

et comparative pourrait nous permettre une approche moins

aléatoire. Nous pensons l’avoir appliquée dans deux publications

sur Lisbonne (Arqueologia Medieval, 7, 2001,

p. 37-72) et sur Santarém (Qurtuba, 7, 2002, sous presse),

signées conjointement avec A. Rei, si bien qu’on pourra en

confronter les résultats avec ceux de l’auteur dans ses

descriptions de ces deux villes (p. 208-214 et 239-240).

L’exposé d’histoire politique de l’extrême pointe occidentale

d’al-Andalus se structure autour des sept chapitres

suivants: I. La conquête de l’Occident ibérique; II. La résistance

des tribus arabes à l’autorité centrale (lors de la

création de l’émirat par ©Abd al-Rahmæn Ier); III. Les réactions

autonomistes du IXe siècle; IV. L’époque du califat

omeyyade (Xe siècle); V. Les taifas ou principautés territoriales

du XIe siècle; VI. La domination berbère, almoravide

et almohade (XIIe-XIIIe siècles); VII. La guerre entre musulmans

et chrétiens.

On notera l’absence d’un chapitre sur les troisièmes

taifas (post-almohades), avec l’émir al-Musta©în bi-(A)llæh

Mºsæ Ibn MaÌfºÂ. qui, tout en étant le vassal d’Alphonse X

le Sage, régnait sur tout le fiarb et frappait monnaie propre…

Il est mentionné à la fois dans les sources arabes et chrétiennes

(portugaises et castillanes), pour ne pas parler de

l’opéra Dona Branca, où le célèbre écrivain portugais de la

première moitié du XIXe siècle, Almeida Garrett, évoque avec

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BCAI 19 – 2003 77

I I I . HI S T O I R E

lyrisme et sympathie sa fin de règne. Sur ce chapitre, on

consultera donc: F. Roldán Castro, Niebla musulmana

(siglos VIII-XIII), 2e éd., Diputación Provincial, Huelva, 1997,

p. 69-79.

Les sous-titres du chapitre VII (p. 107-129), assez

original, nous donnent une idée des perspectives adoptées

dans le traitement de la question: «L’avancée chrétienne

et les limites successives du fiarb al-Andalus»; «La stratégie

du pouvoir central musulman»; «L’Occident ibérique

dans le contexte militaire d’al-Andalus: un cas particulier».

Dans ce dernier paragraphe (p. 127-129), sorte de conclusion,

l’A. rattache la spécificité mentionnée au manque

d’intérêt stratégique de la part des autorités centrales à

l’égard de cette zone périphérique, tant du point de vue

militaire que du point de vue de la politique démographique

réelle. Par ailleurs, l’interpénétration entre Hispania

chrétienne et Andalus islamique s’avère plus marquée ici

que dans le reste de la Péninsule (exception faite, peut-être,

du Levante dont l’histoire offre d’intéressants parallèles avec

le flarb…), en raison des «personnages, souvent d’origine

muwallad et berbère, cherchant à se soustraire à l’autorité

centrale de Cordoue [ou Séville] pour créer des entités autonomes

». (p. 128).

Peut-être en raison de son intérêt particulier pour l’histoire

sociale et économique et pour l’archéologie spatiale,

l’A. n’a pas suffisamment exploité, pour l’histoire politique,

ni les sources originales, ni les études monographiques qu’il

cite. Sans diminuer la valeur de la synthèse édifiée, trois

périodes, en particulier, mériteraient d’être revues et

complétées, sinon corrigées, en accord avec les résultats

de nos propres travaux: la conquête et les débuts de la

domination arabe; l’autonomie régionale dite muwallad vers

la fin de l’émirat (plus d’un demi-siècle!); les taifas

almoravides (milieu du XIIe siècle). Sur ce dernier point et,

en particulier, sur la figure paradoxale du mahdî Ibn Qasî

de Silves, il faut consulter plutôt notre étude (accompagnée

d’une chronologie détaillée) intitulée «Novas perspectivas

sobre o Gharb al-Andalus no tempo de D. Afonso Henriques

» (2º Congresso Histórico de Guimarães. D. Afonso

Henriques e a sua época. Actas, Guimarães, 1997, II,

p. 247-267). Il convient d’y ajouter, à présent, la perspective

d’A. Khawli dans «Le fiarb al-Andalus à l’époque des

secondes taifas» (Arqueologia Medieval, 7, 2001, p. 23-35),

qui complète son étude antérieure sur Ibn Wazîr d’Évora,

publiée dans le nº 5 (1997) de la même revue et dûment

citée par Picard.

Qu’il nous soit permis, dans cet ordre d’idée, de relever

l’omission de trois ouvrages qui, pour traiter de l’histoire

de territoires aujourd’hui espagnols, portent néanmoins sur

une partie importante de l’espace andalou occidental

concerné par l’étude de C. Picard: M. Terrón Albarrán, Historia

política de la Baja Extremadura en el período islámico

(Badajoz, 1983); M.A. Pérez Álvarez, Fuentes árabes de

Extremadura (Cáceres, 1992); F. Maíllo Salgado, Salamanca

y los salamantinos en las fuentes árabes (Salamanque,

1994). La méconnaissance de ces travaux empêche en

partie une présentation équilibrée et complète de l’histoire

du flarb al-Andalus.

Malgré les intérêts personnels de l’A., on ne peut pas

être aussi rapide sur la vie culturelle et intellectuelle

(p. 255-261, en plus de quelques allusions éparses) dans

un ouvrage qui fera certainement date, sous peine de donner

une idée fausse de la réalité historique. À vrai dire, l’historiographie

moderne ou la consultation superficielle des

recueils bibliographiques et littéraires anciens donne

l’impression d’une relative pauvreté en ce qui touche la lointaine

région de l’Occident péninsulaire. Pourtant cela n’est

pas vrai. Comme dans le cas de l’histoire globale, c’est le

manque de «visibilité scientifique» d’une réalité, qui conduit

souvent à sous-estimer celle-ci. Les nombreuses publications

de feu J.D. Garcia Domingues (1910-1989) étant en

langue portugaise, elles sont peu connues à l’extérieur.

Picard en cite deux ou trois, sans en tirer suffisamment

profit; il faut en ajouter plusieurs autres, recensées dans la

bibliographie critique qui ouvre le recueil de travaux publié

en 1997 et dûment mentionné en page 397 du présent

ouvrage. Ne pas oublier aussi le travail de compilation

prosopographique de Martim Velho, Varões árabes ilustres

do Andaluz ocidental (Evora, 1965), où sont traduits (passablement)

les notices biographiques des auteurs classiques

Ibn al-Fara.î et Ibn Ba‡kuwæl.

De toute manière, la réputation poétique et littéraire

de la cour aftasside de Badajoz au XIe siècle, ou bien celle

de l’anthologiste et critique littéraire, Ibn Bassæm al-Oantarînî

(de Santarém!), avec la panoplie d’études qui lui ont été

consacrées (cf. EI2, IX, 318), pour ne mentionner que ces

deux exemples, auraient dû attirer l’attention sur la relative

importance de la production luso-arabe dans le panorama

général des lettres andalouses. C’est ce que les récentes

recherches de Bruna Soravia (Rome) et un projet de recherches

portugais (Lisbonne, 1998-2000), qui a pu bénéficier

des connaissances de la chercheuse italienne, ont tenté de

mettre en lumière: il a été établi, notamment, une base de

données prosopographiques recensant quelque deux cents

personnages (!) et un symposium international a eu lieu,

dont les Actes (Literatura e cultura no Gharb al-Andalus,

éd. B. Soravia et A. Sidarus) devraient bientôt paraître. Les

interventions intégrées dans la Table Ronde sur la critique

littéraire en particulier, tenue sous forme d’appendice au

Symposium, sont déjà parues dans la revue Qurtuba

(6, 2001).

Une note finale sur la riche, mais parfois surprenante,

bibliographie. Entre autres lacunes, le nom des auteurs

portugais a été généralement traité selon l’onomastique

espagnole, c’est-à-dire, ordonné d’après le double nom de

famille (1). Or on sait que ce système se justifie dans le cas

(1) Il semblerait que c’est à l’éditeur que revient cette responsabilité, car

on note une certaine divergence avec les références faites dans le texte

ou les notes.

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BCAI 19 – 2003 78

I I I . HI S T O I R E

espagnol parce que le nom de famille patrilinéaire précède

celui matrilinéaire et les personnes sont souvent connues

sous le premier; ce qui n’est pas le cas de l’onomastique

portugaise. Mais tous les auteurs ne sont pas traités de la

même façon: par exemple, José Domingo Garcia Domingues

est cité «J.G. Domingues», Fernando Branco Correia

«F.B. Correia» et José Rodrigues Marinho «J.R. Marinho».

Il manque, parfois aussi, l’un ou l’autre des deux noms. On

prendra acte, de plus, que les index n’ont pas pris en considération

les nombreuses et riches notes.

Ces quelques critiques de détail ne diminuent en rien

la portée et la valeur de la précieuse monographie de notre

collègue et ami C. Picard. C’est un ouvrage désormais incontournable,

dont la richesse restitue à une vaste région

hispano-portugaise la mémoire d’un passé historique oublié,

sinon sournoisement renié. À l’heure européenne de la mise

en valeur des identités régionales, de l’identité englobante

de la Méditerranée euro-arabe, des mouvements démographiques

et du multiculturalisme croissant, les Portugais

méridionaux et les Espagnols du Sud-Ouest ne manqueront

pas d’apprécier, avec reconnaissance envers l’auteur, cette

importante contribution historique.

Adel Sidarus

Evora - Lisbonne

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