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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 13:51

Comme l’Aïd approche, je vais commencer par lire la sourate As-Saffat à partir du verset 69 et on va faire un rapport avec ce passage et ce qu’on attend de nous le jour de jeudi.

Abraham, Ibrahim , dit : « Hasbya Allahou wa n’imal wakil » «Allah me suffit, il est mon meilleur garant». C'est une formule que toute personne prononce quand elle a un problème et il est important d'en comprendre le sens.

Ibrahim a dit cette phrase quand on l'a jeté dans le feu, quand il a eu des problèmes avec sa communauté.

Quand il a dit ça, Allah dans le verset 69 de la sourate 62 Les Prophètes, dit : « Nous dîmes alors : ’’ Ô feu ! Sois pour Ibrahim d’une fraîcheur salutaire ! ’’»

 

Regardez mes frères, avant que je n’entre dans le sujet précis du dars, la capacité, ou on peut dire la force, d'Allah . Ibrahim était contre sa communauté, il a cassé leurs statues. Quand on a voulu le tuer, Allah pouvait faire en sorte qu’il se sauve, comme Moïse, Mussa .

Ici, Allah aurait pu faire en sorte qu’Ibrahim s'échappe. Mais non ! Il a laissé les ennemis, les mécréants, attraper Ibrahim . Ils ont attrapé Ibrahim, ils ont allumé le feu, Dieu aurait pu faire descendre la pluie et éteindre le feu et c’était fini, non, simplement, Allah est en train de dire à ce petit homme dans ce globe, que sa seule capacité ne pourra rien.

Si Ibrahim s’était échappé, qu’auraient dit les mécréants ? « Si on l’avait attrapé, on aurait fait ceci, on aurait fait cela » ... Mais ils ont attrapé Abraham et « Allumez le feu », Allah n’éteint pas le feu, il laisse le feu allumé. Et vous savez quel genre de feu ? Ils ont ramassé d’immenses bois ; d’ailleurs, ils ont jeté Abraham avec une catapulte. Les flammes étaient tellement immenses qu’on ne pouvait pas s’en approcher.

Le feu ne s’éteint pas. Il n’y a ni pluie, ni eau, rien. On l’a jeté dans le feu pour dire à ce peuple : « Même si vous le prenez, même si vous allumez le feu, même s’il est à l’intérieur du feu, Allah est capable de dire à ce feu-là : ne fais rien ». C’est Allah qui a créé le feu, c’est Allah qui dit au feu  d’être froid ou chaud. Voilà la puissance que nous oublions tout le temps quand on a des petits problèmes, nous oublions que Allah est capable de tout. Simplement en se dirigant vers Allah et dire « Hasbya Allahou wa n’imal wakil » - « Allah me suffit, il est mon meilleur garant ».

 

Maintenant, revenons à Abraham sur lui la paix, Ibrahim , quand il a eu des problèmes avec sa famille, Ibrahim dit dans la sourate As-Saffat, verset 99 : « Et il dit : « Moi, je pars vers mon Seigneur et Il me guidera .». Sa famille, ses parents et toute sa tribu adorent les statues et veulent lui faire du mal. Il décide donc de partir. On appelle cela la première hijra, c'est-à-dire se séparer d’une communauté qui n’est pas bien. Quand tu es dans un lieu et que tu ne t'y sens pas bien, tu n'arrives pas à pratiquer ta religion comme il faut, tu dois chercher un lieu où l’on adore Allah, comme Il l'a ordonné.

Écoutez bien dans le verset qui suit ce que Ibrahim va dire. « Rabbi hab li mina as-salihin » Il demande : « Seigneur, fais-moi don d'une [progéniture] d'entre les vertueux ». Regardez la demande qu’il fait. Nous, on demanderait : « Ô Allah, donne-moi un enfant, ô Allah, donne-moi un héritier». Ici, on voit bien que Ibrahim ne demande pas un enfant simple mais un enfant vertueux, un enfant pieux.

Ibrahim est arrivé à un certain âge et il n’a pas encore d’enfant, il demande à Allah de lui donner un enfant vertueux. Allah dit :

 «Nous lui fîmes donc la bonne annonce d’un garçon (Ismaël) longanime.  Puis quand celui-ci fut en âge de l'accompagner, [Abraham] dit : « Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses». (Ismaël) dit : « Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé: tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants». (sourate 37 - verset 101)

Allah a donné à Ibrahim un enfant et cet enfant est Ismaïl sur lui la paix. Quand Ismaïl est devenu un jeune homme, quand il est devenu pubère, Ibrahim va avoir un compagnon. Comme tout parent, je ne sais pas si vous avez senti cela, quand vous avez le premier enfant, vous lui faites pleins de cadeaux, vous le chouchoutez, vous vous promenez avec lui, vous êtes fiers, vous le prenez partout où vous allez. Quand son fils est devenu pubère, Ibrahim n’était plus tout seul.  

Mais voilà l’épreuve de Allah : quand Ismail est devenu plus grand, Dieu révèle à Abraham dans un songe qu’il doit immoler son fils, retenez bien, car vous devrez faire le lien avec ce mot-là et ce qu’on va faire le jour de l'Aid el Adha.

Écoutez bien le dialogue du musulman :

Ibrahim, quand il a parlé à son père, lui a dit : « Ya abati ». En français, ce n’est pas comme Abi « mon père », il dit « abati », o mon cher père. Écoutez la réponse du père : « Ya Ibrahim », o Abraham. Vous avez vu le dialogue entre un mécréant et un musulman ?  Le musulman, Abraham parle à son père et dit « Ya abati » ; le père, le mécréant, répond à son fils « Ya Ibrahim ».

Écoutez maintenant le dialogue entre le père et le fils musulman :

Le père dit : « Ya bouneya», o mon cher fils. L’enfant va répondre : « Ya abati », o mon cher père.

Vous avez vu le dialogue entre deux musulmans ?  Nous devons prendre un dars (rappel) de la discussion entre Ibrahim et son fils. C’est une leçon inimaginable et on passe dessus comme ça, on lit simplement. Le Coran est un mode d’emploi pour l’humanité, pour savoir comment parler, comment discuter, comment fonctionner.

Alors regardez ça : ô mon fils, mon cher fils, je vois dans le songe que je vais t’immoler. Ibrahim a eu cette Révélation comme il est dit dans certains tafsir à trois reprises. La première fois, il a eu un doute ; la deuxième fois, cela commence à devenir plus clair et la troisième fois, il a compris que c’était une Révélation. Et malgré cela, il met son fils, dans la confidence.

Beaucoup de parents, quand ils discutent avec leurs enfants, parlent comme ceci : « Toi, suis-moi, maintenant on va aller chercher le mouton ». S’il prend son fils avec lui et que son fils lui dit : « Mon père, ce mouton il est… » « ...qu'est-ce que tu y connais toi, tais-toi ! ». Par contre, dans cette histoire, Ibrahim dit à son fils : « Qu’en penses-tu ? ». Comment cela, qu’est-ce qu’il en pense ... c’est un ordre d’Allah ... Simplement, Ibrahim veut que son fils soit dans l’adoration.

Les enfants, quand ils sont adultes et pubères, il faut les prendre comme des amis. Simplement, il faut apprendre aux enfants qu’il y a une différence entre "amis et amis". Il faut l’emmener avec soi lorsqu’on sort. Tu veux acheter quelque chose ? Mets-le dans l’affaire : qu’en penses-tu mon fils, il est bien ce mouton, tu préfères qu’on en choisisse un autre ? Le dialogue avec son enfant doit être comme cela, il faut donner à l’enfant une certaine responsabilité.

Ici, on voit bien que Ibrahim dit à son fils : Vois ce qu’il y a lieu de faire ! Écoutez la réponse de Ismaïl, un autre musulman : «  Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé ». Imaginez-vous ça … Un père qui dit à son fils « je me vois en songe en train de t’immoler » et le fils qui répond « Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé ». Pourquoi ? Parce que Ismaïl connaît son père, il sait comment il réagit.

Ce n’est pas un père comme les autres, c'est un prophète, c’est un père qui a de la connaissance, un père qui a de la science, un père qui craint Allah, un père qui sait ce qu’il fait, non pas un père ignorant.

D’ailleurs, j’ouvre une petite parenthèse pour parler d'une situation similaire : quand Ibrahim a emmené Hajar son épouse et Ismaïl dans le désert, Hajar a demandé : « Que fais-tu Ibrahim, tu vas nous laisser ici tous seuls ? » Elle a répété deux, trois fois cette question mais Abraham ne répondit pas. Plus tard seulement Hajar réalisa qu'Abraham est quelqu'un de sage.

Il ne fait pas des actions au hasard, il y a une raison. C’est pour cela qu'elle lui posa l'autre question. Elle ne lui dit pas « Ibrahim, que fais-tu ? », mais elle lui demande « Ya Ibrahim, est-ce que c’est Dieu qui t’a ordonné de faire cela ? » Ibrahim lui répond que oui. Écoutez la réponse de Hajar : « Puisque c’est Allah qui l’a décidé, tu peux partir, Ibrahim, car Allah ne va pas nous délaisser, Allah viendra à notre secours ».

Revenons à ce dialogue. (Ismaël) dit: «Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé: tu me trouveras, s’il plaît à Allah, du nombre des endurants». Vous voyez que Ismaïl comprend bien la situation. Il entre dans cette épreuve de l’adoration. Et quelle épreuve ! Ecoutez bien le verset suivant, on voit bien que Ismaïl et Ibrahim vont passer à l’action. « Puis quand tous deux se furent soumis (à l’ordre d’Allah) et qu’il l’eut jeté sur le front, » ...

Qu’elle était l’épreuve ? L'épreuve au début ne concernait que Ibrahim, qui voit en songe qu’il doit égorger son fils. Mais regardez ce verset, ils se soumettent tous les deux, Ismaïl est rentré dans cette épreuve, cette adoration, cette soumission «... et qu’il l’eut jeté sur le front», vous voyez bien que l’acte va aller jusqu’à la dernière situation.

Quand il l’a allongé Allah dit :   

« Voilà que Nous l’appelâmes « Abraham ! Tu as confirmé la vision. C’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisant». C’était là certes, l’épreuve manifeste. Et Nous le rançonnâmes d’une immolation généreuse »

Ô Ibrahim, tu as cru au songe, tu as exécuté ce qu’Allah t’a ordonné de faire. C’est comme cela qu’on récompense les hommes pieux, qui écoutent, qui obéissent à Allah. Alors, que va-t-il se passer ? Nous allons voir le verset qui nous concerne pour la fête du sacrifice.

Qu’allait sacrifier Abraham ? Il allait sacrifier son fils pour l’adoration de Dieu, mais l’épreuve arrivée à sa fin, Allah intervient et dit en quelque sorte, puisque tu as cru et que tu as passé à l’action, Je vais te récompenser . Que va-t-Il donner comme récompense ?  « Et Nous le rançonnâmes d'une immolation généreuse. » (sourate 37, verset 107). La rançon est le mouton. Regardez bien : Allah remplace Ismaïl par une autre rançon, al-fidya, pour que Ismaïl ne soit pas sacrifié.

« Et Nous perpétuâmes son renom dans la postérité : Paix sur Abraham. Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants» Dans les générations à venir, le nom d’Abraham sera prononcé.  « Car il était de Nos serviteurs croyants. Nous lui fîmes la bonne annonce d'Isaac comme prophète d'entre les gens vertueux. » Allah donne à Ibrahim un mouton à sacrifier à la place de son fils et, en plus, il lui donne un autre enfant, qui s’appelle Ishaq, prophète également.

L'épreuve de Ibrahim consistait à immoler son fils unique ; il reçoit à la place un mouton et ensuite il reçoit un autre enfant. Vous voyez la grandeur de Dieu ?  Vous voyez les bienfaits que Allah nous donne ?

Maintenant, Ibrahim a reçu le cadeau après l’épreuve. L’histoire raconte que, quand Ibrahim allait immoler son fils, Iblis avait des problèmes, de gros problèmes. Car Allah avait simplement dit à Iblis « Prosterne-toi », et il n’a pas voulu obéir. Regardez Ibrahim. Il a pour épreuve d’immoler son fils, son unique fils, et il allait s’exécuter.

Le mouton est venu après l’épreuve, les 10 premiers jours de Dhul-hijja vont vous amener au jour du sacrifice, le jour d'el Aid. Est-ce que, dans ces 10 jours, vous avez eu une épreuve ? Est-ce qu’on fait un effort pour mériter ce mouton le jour du sacrifice ?

Quelqu’un dira peut-être qu’il ne préfère pas faire ce sacrifice ; il tombe dans un autre piège, un autre problème. C’est un bienfait que Allah lui a donné. Achète le mouton, fais des méchouis, donne des aumônes et tu gagneras des hassanats. La première goutte de sang qui coule de ton mouton pardonne à toute ta famille présente.

Quand Ibrahim allait immoler son fils, Iblis se mettait au travers de son chemin. Il disait à Ismaïl de ne pas laisse son père l’immoler ; à Ibrahim il disait : « Tu vas égorger ton fils ? ».

Abraham l’a lapidé. C’est ce qu’on fait au pèlerinage. Il y a trois stèles contre lesquelles il faut jeter des pierres ; c’est devenu une adoration.

Iblis a voulu dévier Ibrahim de son adoration et ce dernier lui a jeté à chaque fois sept pierres. Malheureusement, au pèlerinage, les gens croient que Iblis est toujours là. Ils commencent alors à jeter des pierres, des sandales...

Non, Iblis n’est plus là, il ne va pas rester ici ! Il était là pour le pieux Ibrahim. Toi, tu fais ce geste-là dans l’adoration. Si tu veux vraiment viser la stèle, vise-la dans ton coeur, dans ton action.

Le jour où l’on va jeter les cailloux sur les stèles, certains jettent les cailloux en insultant ach-Chaytan, certains visent la stèle avec des pierres, des sandales, des parapluies, peut-être qu’ils vont même blesser leurs frères. Mais que fais-tu mon frère ? Et dès qu’ils ont fini, ils vont vite se raser la barbe ! (Quand on entre en état d'ihram, on ne peut pas se couper les cheveux). Lorsque j’étais au pèlerinage, je suis passé devant un groupe de personnes ; il y avait un qui rasait la barbe d’un autre en disant : « Enlevons cette saleté ! ». Quand ils m’ont vu, ils étaient gênés... « Euh, ce n'est pas une saleté, on plaisante ! »  Est-ce cela une adoration ? Le jour où tu as jeté les cailloux sur la stèle, tu viens raser ta barbe ?

Malheureusement, ce qui se passe le jour d'el Aid est encore pire, c’est la guerre ! En ce jour, incha Allah, il ne sera pas juste question d’aller chercher un mouton et de l’égorger. Quand vous direz Bismillah Allahou akbar, il faudra réaliser comment ce bienfait est arrivé là, pourquoi on fête l’aïd.

L’islam a deux grandes fêtes et une de ces deux grandes fêtes aura lieu dans quelques jours. Mes frères et soeurs, nous devons réaliser qu’en tant que musulmans, la question n’est pas simplement d’égorger le mouton, de le ramener et de faire le méchoui. Il faut faire attention ce jour-là. Imagine que le jour où tu égorges le mouton, le jour où tu vas faire ce geste d’adoration, ce jour est celui où l’on voit la majorité des musulmans commettre plein de péchés.

Que ce soit dans l’habillement, dans le comportement, les cousins, cousines, les amis, ça rigolent, ça s’embrassent, ça dansent. Ce jour-là, le jour de l’Aïd, le jour de l’adoration, c’est le jour où on fait la débauche, où on fait le l'illicite ? Alors quel aïd, quel genre d’aïd on a ?

Je vous le rappel mes les frères et soeurs, faites très attention, les jours passent, les semaines passent, les mois passent, et votre année diminue chaque jour. On a demandé à quelqu’un : « Quel âge as-tu ? » Il lui a répondu : « J’ai 30 ans ». Non, les 30 ans, tu les as perdus. Ils sont déjà partis. Mon frère, ma soeur, vous avez combien, 25, 40 ans ? Ils sont partis, ils ne reviendront plus.

Mes frères et soeurs, réalisez que toute la vie du musulman est de l’adoration. Sa vie, tous ces mouvements sont de l'adoration. Aller rendre visite au malade, c’est de l’adoration ; aller dormir, c’est de l’adoration. Tout est de l'adoration. Il n’y a pas de perte de temps pour le musulman. Alors pour l’adoration du jour d'el Aid, n’oubliez pas de jeûner la veille, le jour de Arafat. Sauf ceux qui sont au pèlerinage, ils ne jeûnent pas ce jour-là. Car si tu jeûnes ce jour avec une sincérité, un ikhlas, avec une tawba, un repentir, Allah efface tes péchés de l’année passée et de l’année qui vient. Imaginez-vous, quelle miséricorde ! Simplement aller vers Allah avec l’intention de s'améliorer. Il ne faut pas faire comme certains qui vont au hajj pour "se laver", se purifier et après ils continuent à désobéir. C’est catastrophique d’avoir une intention comme celle-là.

Je dis simplement à mes frères et soeurs de penser à l’aïd, de penser à l’épreuve passée. Le jour de l’aïd et de Arafat, prenez, je le dis encore une fois, le train dans lequel Allah vous invite à monter, repentez-vous, revenez vers Allah, arrêtez d’aller sur internet pour passer votre temps à vous amuser. On ne vous dit pas de ne pas faire de blague, on ne vous dit pas que vous ne pouvez pas rire, simplement rire et faire des blagues ont des règles.

L’islam ne t’a pas laissé faire ce que tu veux, l’islam t’a tout détaillé. L’islam te montre comment tu dois aller aux toilettes, l’islam te montre comment avoir des rapports, l’islam te montre comment dialoguer avec tes enfants, et ainsi de suite.

Je rappelle que le jour de l’aïd, il faut immoler un mouton par famille. Les personnes qui sont en voyage peuvent égorger un mouton mais ce n’est pas une obligation. Pour ceux qui ne sont pas en voyage, la majorité des savants dit que c’est une sunna muaqada, (fortement recommandé) que ce n’est pas une obligation. Personellement, je suis plutôt de l’avis que c’est obligatoire pour chaque famille, pour celui qui en a les moyens. Il doit le faire après avoir fait la prière. La sunna est de partager ce mouton en trois parties : une partie pour manger, une partie pour faire l’aumône et une partie pour offrir.

Une autre chose importante : n’oubliez pas le tahlil (El hamdoulilah) et le takbir (Allahou Akbar) le jour de l’aïd. Dès l'heure du fajr, vous dites le takbir, sans arrêt ; dans la voiture ou dans la rue, vous le dites tout doucement. Et faites sortir tous vos enfants, vos femmes, vos filles, tout le monde doit être présent. Même les femmes indisposées doivent venir pour écouter le dars, faire les douas et le dhikr. Même indisposées, elles doivent faire le dhikr avec les musulmans présents ce jour-là.

C’est également l’heure de de rendre visite aux proches, parents, familles, amis. Pour ceux qui rendent visite aux parents, vous savez que les parents font parfois des choses qui ne sont pas bien. Ne soyez pas durs, ce jour-là. Si vous avez le temps pour faire la dawa ou le rappel, essayez d’être cléments. Si vous voyez qu’il y a des grands manquements, ne restez pas. Le Prophète a dit : «Celui qui voit un mal, qu’il le change, avec sa main, sa langue ou son coeur». Je crois que le jour de l’aïd, il est impossible de changer quoique ce soit car les gens sont dans la fête, dans l'amusement. Essayez de leur faire un rappel doux. Si vous voyez qu’ils ne savaient pas, alors alhamdulillah. Si vous voyez que vous l’avez déjà dit plusieurs fois et qu’ils ne vous écoutent pas, allez leur rendre visite, dites-leur « Assalam alaykum » et repartez, et qu'Allah accepte nos oeuvres et les vôtres.

 

Audio l'importance et l'explication du sacrifice  - Par Abou Chayma
-  Rappel retranscris par l'équipe Sajidine

 

25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 10:25


Histoire de sa compilation

 

Sourate 2, Versert 185
"(Ces jours sont) le mois de Ramadân au cours duquel le Coran a été descendu comme guide pour les gens, et preuves claires de la bonne direction et du discernement."
  1. La mise du Coran par écrit à l'époque du Prophète Mouhammad1

    Sur l'ordre du Prophète Mouhammad(1), les scribes mirent le Coran par écrit sur des lambeaux de parchemin, des peaux d'animaux, des os et des pierres. Les divers fragments révélés, sans être assemblés dans un seul livre, furent mis en ordre selon la révélation de Dieu. D'autre part, quelques compagnons écrivirent pour eux-mêmes des parties et des sourates du coran qu'ils avaient apprises par cœur du Prophète1.

     

  2. La mise du Coran par écrit à l'époque de 'Aboû Bakr As-Siddîq

    Chargé par 'Aboû Bakr As-Siddîq et conseillé par `Oumar ibn Al-Khattâb, Zayd ibn Thâbit rassembla le Coran en un seul livre. Pour atteindre cet objectif, il se référa aux manuscrits déjà écrits par les scribes du Prophète1.

     

  3. La mise du Coran par écrit à l'époque de `Outhmân ibn `Affân

    Le premier manuscrit du Coran assemblé en un seul volume fut écrit conformément à l'exemplaire rassemblé par 'Aboû Bakr et conservé chez Hafsa bint `Oumar. Pour mettre fin aux désaccords, les copistes prirent en considération les différentes lectures. Les personnes chargées de cette mission furent : Zayd ibn Thâbit, `Abd-Allâh ibn Az-Zoubayr, Sa`îd ibn Al-`Âs et `Abd Ar-Rahmân ibn Al-Hârith ibn Hichâm. Cette copie était dépourvue de signes diacritiques. `Outhmân garda pour lui-même un exemplaire et expédia les autres copies aux métropoles islamiques.

     

  4. Les trois étapes du développement des signes diacritiques et de ceux de vocalisation

     

    • Les signes de vocalisation ont d'abord été mis sous forme de points, sous le règne de Mou`âwiya ibn 'Abî Soufiyân. Celui-ci chargea 'Aboû Al-'Aswad Ad-Dou'alî d'accomplir cette tâche ; et ce afin d'éviter les erreurs dans la lecture du Coran.
    • Les points ont été mis pour distinguer les lettres homographes comme : le bâ', le tâ' et le thâ'. Ceci eut lieu sous le règne de `Abd Al-Malik ibn Marwân qui chargea Al-Hajjâj ibn Yoûsouf de cette mission. Ce dernier la confia à Nasr ibn ^Âsim et à Yahya ibnou Ya^mar.
    • Les signes de vocalisation tels que le damma (voyelle brève ou), le fatha (voyelle brève a), le kasra (voyelle brève i) et le soukoûn (absence de voyelle) ont été rajoutés en suivant le système de vocalisation établi par Al-Khalîl ibn 'Ahmad Al-Farâhîdî ; et ce afin d'éviter les erreurs dans la lecture du Coran.

       

Sourate 5, Versert 16
"Par ceci (le Coran), Dieu guide au chemin du salut ceux qui cherchent Son agrément. Et Il les fait sortir des ténèbres à la lumière par Sa grâce. Et il les guide vers un chemin droit."
 

(1) : Que la paix et le Salut soient sur lui.


Source:

islamfrance.free.fr

11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 20:23

Parmi les plus illustres de ces Vizirs figuraient Al-Afdal Ibn Badr Al-Jamâlî, sous le règne du Calife Al-Musta`lî Billâh (1094 - 1101) et du Calife Al-Âmir Bi-Ahkâm Allâh (1101 - 1129), ou encore Talâ’i` Ibn Ruzayq, sous le règne du Calife Al-Fâ’iz (1154 - 1160), ou encore Asad Ad-Dîn Shîrkûh et son neveu Salâh Ad-Dîn Al-Ayyûbî, Saladin, sous le règne du Calife Al-`Âdid, dernier calife fâtimide (1160 - 1171).

Le règne d’Al-`Âdid

Fort de son autorité sur tout l’Empire, le Vizir Talâ’i` Ibn Ruzayq choisit, en 1160, l’un des descendants de la famille régnante, `Abd Allâh Yûsuf Ibn Al-Hâfidh qu’il surnomma Al-`Âdid Li-Dîn Allâh, pour devenir Calife d’Égypte. Étrange époque où le Ministre choisissait son souverain... Le Calife était encore très jeune, dépassant à peine sa onzième année : il naquit en effet le 15 mai 1151.

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Pièce d’or frappée au nom du dernier Calife fâtimide, Al-`Âdid Li-Dîn Allâh

Les Vizirs de la fin de la dynastie fâtimide avaient pris l’habitude de choisir les Califes très jeunes, afin d’être plus à même de diriger sans entrave le pays. Al-`Âdid parvint néanmoins, en 1161 et avec l’aide de quelques princes, à se débarrasser de son Vizir qui le privait de l’exercice de toute autorité. Il nomma à la place du Vizir déchu le propre fils de ce dernier, Al-`Âdil Ibn Talâ’i`, qui exerça ses fonctions pendant deux ans, avant d’être destitué par Shâwar, le gouverneur de la Haute Égypte, en 1163.

La lutte pour le vizirat

Dû au fait que le poste de vizir provoquait la convoitise d’un grand nombre de généraux et d’hommes d’État, des courses effrénées entre les prétendants au poste s’engagèrent. Ce fut pour cette raison que Shâwar ne put profiter pleinement de sa nouvelle fonction. Dirghâm, l’un des plus grands hommes d’État de l’époque, parvint à l’évincer et à prendre sa place au vizirat. Shâwar s’enfuit alors en Syrie implorant l’aide de Nûr Ad-Dîn Mahmûd, Sultan de Damas, pour qu’il l’aidât à regagner son poste. Simultanément, Dirghâm entra en contact avec le Roi Amaury Ier de Jérusalem pour lui demander également son aide.

Nûr Ad-Dîn Mahmûd et Amaury Ier répondirent à l’appel, chacun de son côté. Nûr Ad-Dîn envoya ainsi en 1164 une armée en Égypte, sous le commandement de Asad Ad-Dîn Shîrkûh et de son neveu Salâh Ad-Dîn Al-Ayyûbî, qui avait alors vingt-sept ans. Les Croisés se présentèrent également en Égypte, sous le commandement du Roi Amaury Ier. Trois campagnes se succédèrent ainsi entre Nûr Ad-Dîn et Amaury Ier pour le contrôle de l’Égypte. Elles aboutirent à la défaite des Croisés, à la victoire de l’armée de Nûr Ad-dîn et à l’élimination des deux vizirs rivaux. Asad Ad-Dîn Shîrkûh fut promu au vizirat en 1169.

Asad Ad-Dîn était devenu le véritable maître du pays, après sa nomination par le Calife Al-`Âdid qui le surnomma d’ailleurs Al-Malik Al-Mansûr Amîr Al-Juyûsh, le Roi Victorieux, Chef des armées, et qui lui donna l’autorité sur toutes les affaires de l’État. Shîrkûh se montra tout à fait digne de la responsabilité qui lui fut assignée. Pendant la brève période où il exerça sa fonction de vizir, il parvint à réaffirmer l’autorité de l’État sur le pays, cahotant depuis quelques décennies déjà dans une inquiétante anarchie. Il mourut néanmoins environ trois mois après son accession à son poste. Lui succéda son neveu Salâh Ad-Dîn.

Salâh Ad-Dîn scelle la fin de la dynastie

Dès qu’il entra dans ses nouvelles fonctions, Salâh Ad-Dîn commença par ancrer solidement ses positions dans le pays et par renforcer son autorité et son pouvoir. Par sa politique, il parvint à s’attirer l’amour et les égards des Égyptiens. Il gagna ainsi leur confiance par sa justice et sa transparence. Il assigna pour ce faire des amis et des proches à la direction de l’État, tout en éloignant du Caire les hommes du Calife et en restreignant leur autorité. Il leur confisqua ainsi leurs terres et les redistribua à ses hommes. Il empêcha en outre le Calife de s’adresser à la population et l’astreignit à demeurer dans son palais. Il fit enfin en sorte que le nom de Nûr Ad-Dîn Mahmûd suivît celui du Calife fâtimide, lors du sermon du vendredi.

Toutes ces mesures provoquèrent l’ire des gens du Palais et des hommes du Calife, notamment la Garde personnelle de ce dernier, composée essentiellement d’esclaves noirs affranchis. Tous ces opposants complotèrent alors un assassinat contre Salâh Ad-Dîn en 1169. Celui-ci eut néanmoins vent de ce qui était instigué derrière les coulisses et parvint à arrêter le chef de file de ces putschistes. Les troubles ayant été matés, Salâh Ad-Dîn entreprit une grande démarche visant à faire définitivement chanceler la dynastie fâtimide : il décida de remplacer la doctrine shî`ite par la doctrine sunnite. Il fit ainsi construire des universités dispensant un enseignement sunnite. L’Université An-Nâsiriyyah du Caire, d’obédience chaféite, était la première université fondée par Salâh Ad-Dîn en Égypte. Vint ensuite une autre université dispensant un enseignement malékite. Cette politique fut poursuivie par les membres de sa famille et les hommes de son État, qui firent également construire d’autres universités sunnites.

Dans le cadre de ce remplacement de la doctrine shî`ite par la doctrine sunnite, Salâh Ad-Dîn nomma le Chaféite Sadr Ad-Dîn `Abd Al-Malik Ibn Dirbâs au Ministère de la Justice. La conséquence de cette nomination était que les juges d’Égypte furent tous chaféites. Ce fut ainsi que la doctrine sunnite retrouva toute sa vigueur et que la doctrine ismaëlite s’éteignit peu à peu au pays du Nil.

Malgré l’autorité désormais incontestée de Salâh Ad-Dîn, celui-ci ne se hâta pas de remplacer, au sermon du vendredi, la mention du Calife fâtimide Al-`Âdid par celle du Calife `abbâside Al-Mustadî’ Bi-Nûr Allâh. La mention du nom du Calife au sermon du vendredi symbolisait en effet une allégeance hebdomadairement entretenue par la population pour celui qu’elle reconnaissait comme souverain. Or, Salâh Ad-Dîn, dans sa volonté d’unifier la nation musulmane, cherchait à ramener l’Égypte fâtimide sous la tutelle du Califat `abbâside de Bagdad. Remplacer, dans le sermon du vendredi, le nom du Calife fâtimide par celui du Calife `abbâside ne signifiait ni plus ni moins qu’un changement d’allégeance et de souverain. C’était cette décision finale qui signait de fait l’arrêt de mort de la dynastie fâtimide qui inquiétait le plus Salâh Ad-Dîn. Malgré les pressions exercées par Nûr Ad-Dîn, Salâh Ad-Dîn demeurait hésitant, si bien que le Sultan de Damas crut que Salâh Ad-Dîn, fort de sa position en Égypte, se rebellait contre lui. Mais ce dernier s’excusa, expliquant qu’il craignait la réaction des Égyptiens si une telle mesure était prise.

Devant l’insistance de Nûr Ad-Dîn Mahmûd, Salâh Ad-Dîn décida de réunir ses subordonnés pour les consulter sur cette grave question. Beaucoup d’hésitations entachèrent la réunion. Ce fut finalement le juriste Al-Amîr Al-`Âlim qui coupa court à ces hésitations et qui déclara que dès le vendredi suivant, au cours de son sermon, il mentionnerait le nom du Calife `abbâside. C’était le premier vendredi de l’année 567 de l’Hégire (septembre 1171). Nul, parmi la population, ne protesta.

Au deuxième vendredi, Salâh Ad-Dîn ordonna à l’ensemble des orateurs des mosquées du Caire de ne plus mentionner le nom d’Al-`Âdid, mais de le remplacer par le nom du Calife de Bagdad. C’était la fin du Califat fâtimide et le retour de l’Égypte sous la coupe du Califat `abbâside.

Al-`Âdid était alors gravement malade et nul, parmi sa famille ou ses proches, ne lui apprit la nouvelle. Il mourut quelques jours plus tard, marquant ainsi la fin de la dynastie fâtimide, cette dynastie qui dura plus de 250 ans et dont les premiers califes régnèrent sur un territoire s’étendant de l’Océan Atlantique jusqu’au Golfe Persique.

 

Source : Islamonline.net.
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La chute de Grenade (2 janvier 1492)
Boabdil (en noir) face à Ferdinand (en rouge) et Isabelle (en blanc)

Nul ne se doutait que le soleil de l’Islam qui s’était levé sur l’Espagne se coucherait un jour, que les appels à la prière lancés du haut des minarets seraient remplacés par le son des clochers, que le droit musulman et la tradition du Prophète cesseraient d’être enseignés, que cette terre qui diffusait dans le monde entier la prose et le vers arabes se soustrairait à l’arabité. Mais tel fut le destin.

L’effondrement de la dynastie almohade fut marqué par les chutes successives des grandes métropoles andalouses entre les mains des Espagnols : Baeza en 1227, Majorque en 1229, Badajoz en 1230, Cordoue en 1236, Valence en 1238, Xativa en 1244, Carthagène en 1245, Jaén en 1246, Séville en 1248 puis Murcie en 1266. En moins de quarante ans, l’Islam perdit la majeure partie de l’Andalousie. Ce désastre eut pour effet de repousser les territoires musulmans à l’extrême sud de la péninsule ibérique, dans ce qui sera le dernier royaume musulman d’Europe occidentale, le Royaume de Grenade.

Le Royaume de Grenade

Les leaders musulmans travaillèrent dès lors à préserver ce qui restait de la présence musulmane en Espagne. Fondé en 1232 par Muhammad Ibn Yûsuf An-Nasrî, surnommé Ibn Al-Ahmar, le Royaume de Grenade (Gharnâtah en arabe) regroupait trois provinces : la province de Grenade proprement dite au centre, la province d’Almeria à l’est et la province de Malaga à l’ouest et au sud. Le royaume était bordé par la Mer Méditerranée et contrôlait le détroit de Gibraltar. Vingt-deux émirs de la dynastie nasride se succédèrent sur le trône de Grenade, en plus de deux siècles et demi. Plusieurs facteurs expliquent cette longévité exceptionnelle au vu des circonstances :

  1. Un pouvoir central fort, détenu par la dynastie nasride, dont le premier représentant, Ibn Al-Ahmar, était un descendant de l’illustre Compagnon du Prophète, Sa`d Ibn `Ubâdah.

  2. L’arrivée massive à Grenade des réfugiés andalous qui fuyaient leurs cités d’origine une fois celles-ci investies par les Espagnols. Le Royaume de Grenade représentait alors la terre d’Islam par excellence pour ces milliers de Musulmans, parmi lesquels on trouvait des savants, des hommes de lettres, des artisans, des agriculteurs et des architectes. Tous ces gens contribuèrent à la grandeur de leur nouvelle terre d’accueil.

  3. Le soutien extérieur des pays du Maghreb. Que ce soit les Hafsides de Tunisie ou les Marinides du Maroc, tous participaient au soutien de leurs frères andalous, via l’envoi d’aides et de renforts militaires.

  4. L’effritement de l’unité intérieure des royaumes chrétiens d’Espagne, avec notamment cette guerre fratricide entre le Royaume de Castille et le Royaume d’Aragon. Ces luttes intestines permirent au Royaume de Grenade de consolider son pouvoir, voire de l’étendre aux dépens de ses ennemis.

Mais ces facteurs ne durèrent pas indéfiniment. Les Marinides du Maroc cessèrent leur soutien aux Nasrides de Grenade en raison de leurs querelles intérieures, tandis que l’Espagne chrétienne se réunit sous une même bannière, après que le Roi Ferdinand d’Aragon et la Reine Isabelle de Castille se marièrent en 1479, formant ainsi une puissante coalition anti-maure. Le Royaume de Grenade lui-même était affaibli par les luttes de pouvoir et la déliquescence sociale. Les Grenadins s’étaient laissé aveugler par une vie faite de luxe et d’insouciance et ne voyaient plus le péril qui arrivait du nord.

Les Musulmans ne se réveillèrent de leur torpeur qu’après que les armées de Ferdinand et d’Isabelle dévalèrent plaines et vallées pour envahir le Royaume de Grenade. Des batailles féroces eurent lieu pour tenter de sauver ce dernier bastion musulman d’Europe occidentale. En vain. Malaga, la plus fortifiée des cités grenadines, tomba en août 1487 ; fin 1489, c’était au tour de Guadix, Almuñecar, Almeria et Baza. Au début de l’année 1490, il ne restait plus que la ville de Grenade.

Résistance

Les Rois Catholiques, Ferdinand et Isabelle, envoyèrent alors à l’émir de Grenade, Abû Abd Allâh As-Saghîr (Boabdil) une offre au terme de laquelle il leur livrerait la ville et abdiquerait en leur faveur moyennant protection et avantages matériels. Appuyé par sa cour et par son peuple, le Roi Abû `Abd Allâh opposa une fin de non recevoir à la demande des Rois Catholiques, prenant l’engagement de défendre sa ville et sa religion autant qu’il lui était possible. La guerre hispano-maure débuta ainsi au cours de l’année 1490. Les Musulmans parvinrent à reprendre un certain nombre de forteresses mais l’arrivée de l’hiver empêcha les deux belligérants de poursuivre les hostilités.

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Le Sultan Abû `Abd Allâh (Boabdil), dernier souverain andalous

Le siège de Grenade

Ferdinand et Isabelle savaient que la prise de Grenade était la condition sine qua non pour que le sud de l’Espagne entre définitivement sous leur coupe. Grenade était en effet le foyer de la résistance qui insufflait l’esprit du jihâd au sein des Musulmans andalous. Au printemps 1491, ils levèrent donc une armée de cinquante mille hommes et marchèrent sur la dernière ville arabe d’Europe. Ils détruirent les champs et les cultures avoisinantes et coupèrent toutes les routes d’approvisionnement maritime ou terrestre que seraient susceptibles d’emprunter des renforts venant du Maghreb ou de l’Empire ottoman. Malgré ce siège implacable, les Grenadins firent montre d’une résistance courageuse. Malgré le déséquilibre des forces, ils lançaient des attaques récurrentes contre l’envahisseur chrétien. Pendant de longs mois, Grenade soutint le siège avec bravoure. Mais avec l’avancée de l’hiver, le froid, la neige, la faim, le désespoir commença à s’installer chez certains. Le Roi Abû `Abd Allâh ne voyait ainsi plus d’autre issue que de capituler, malgré l’opinion populaire qui souhaitait poursuivre la lutte jusqu’au dernier souffle.

La chute de Grenade

Abû `Abd Allâh As-Saghîr envoya son général Abû Al-Qâsim au campement des Rois Catholiques pour négocier secrètement la reddition. Les pourparlers durèrent plusieurs semaines, au terme desquelles les protagonistes signèrent la capitulation de Grenade. C’était le 25 novembre 1491.

Le traité comportait une soixantaine de clauses se résumant ainsi :

  1. Le Roi de Grenade s’engageait à livrer la ville de Grenade aux Rois Catholiques dans un délai ne dépassant pas soixante jours à compter de la date de signature du traité.

  2. Tous les prisonniers, des deux camps, seraient libérés sans rançon.

  3. Les Musulmans ne seraient pas molestés dans leurs personnes, dans leurs biens ou dans leur honneur. Ils pourraient garder leur juridiction et leurs juges. Ils pourraient pratiquer librement leur culte.

  4. Les mosquées resteraient inviolées. Aucun Chrétien ne pourrait investir une mosquée ou la demeure d’un Musulman.

  5. Pendant trois ans, les Musulmans qui le souhaitaient pourraient traverser librement vers l’Afrique dans des navires affrétés par le Roi Catholique Ferdinand.

Mais la générosité apparente de ces clauses allait s’avérer n’être que duperie et mensonge. L’Inquisition allait faire son œuvre et les Musulmans n’eurent d’autre choix que la conversion, l’exil ou la mort. Trois millions de Musulmans andalous furent ainsi éliminés ou chassés vers l’Afrique du Nord.

Quelques semaines après la signature du traité, Grenade se rendit. L’armée espagnole investit la ville et se dirigea directement à l’Alhambra, le palais royal, édifié deux siècles et demi plus tôt par le fondateur du Royaume de Grenade, Ibn Al-Ahmar. On installa au sommet de la plus grande tour de l’Alhambra une imposante croix argentée, celle que portait le Roi Ferdinand lors de ses batailles contre les Maures. On annonça que Grenade appartenait désormais aux Rois Catholiques. C’était le 2 janvier 1492. L’Histoire tournait définitivement la page de l’Espagne musulmane.

 

Sources : Islammemo.cc et deux articles du site Islamonline.net, Le crépuscule andalous et Grenade, l’histoire d’une concession.
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Carte de Chypre

Les Musulmans saisirent l’importance stratégique de l’île de Chypre dès l’époque du Califat Bien-Guidé. Située dans la partie la plus orientale de la Mer Méditerranée, elle constituait une menace permanente pour la présence musulmane sur le pourtour méditerranéen, que ce soit en Syrie, en Égypte, au Maghreb, ou plus tard en Anatolie. Du point de vue stratégique, l’île était en effet un obstacle devant le commerce musulman en Mer Méditerranée et devant les caravanes de pèlerins. Elle constituait par ailleurs un poste avancé pour toutes les Croisades menées contre les Musulmans. Elle est située à quelque cent kilomètres des côtes turques, autant des côtes syriennes et à environ cinq cents kilomètres des côtes égyptiennes.

Il y eut plusieurs tentatives de prise de contrôle de Chypre par les Musulmans. La première datait du règne du Calife Bien-Guidé `Uthmân Ibn `Affân — que Dieu l’agrée —. Le gouverneur de Syrie de l’époque, Mu`âwiyah Ibn Abî Sufyân — que Dieu l’agrée —, lui avait alors demandé l’autorisation de mener une expédition militaire maritime contre Chypre. `Uthmân accepta la demande à condition que l’armée qui prendrait la mer serait exclusivement composée de volontaires. C’était en effet la première fois que les Musulmans lançaient une offensive par voie maritime. Le Calife prit donc en compte les craintes des Musulmans qui, accoutumés jusque-là à la vie du désert, n’avaient aucune expérience de la mer.

En 649 E.C., la flotte musulmane partie de Syrie sous le commandement de `Abd Allâh Ibn Qays et la flotte partie d’Égypte sous le commandement de `Abd Allâh Ibn Sa`d parvinrent à conquérir Chypre qui était alors sous domination byzantine. Plusieurs éminents Compagnons du Prophète participèrent à cette expédition, à l’instar de `Ubâdah Ibn As-Sâmit ou de Umm Hirâm Bint Milhân — que Dieu les agrée —. Umm Hirâm fut ainsi la première martyre musulmane à être tuée au cours d’une expédition maritime. Elle mourut et fut enterrée à Chypre. Les Musulmans conclurent un traité avec les Chypriotes leur garantissant protection et liberté de conscience moyennant la cessation des activités hostiles contre les Musulmans, leur collaboration pour tenir les Musulmans informés des mouvements militaires anti-musulmans de l’Empire byzantin, et le paiement d’une capitation annuelle s’élevant à sept mille dinars.

Lorsqu’éclata la guerre civile entre les Musulmans sous le règne de l’Imâm `Alî Ibn Abî Tâlib — que Dieu l’agrée —, les Chypriotes profitèrent de ces troubles politiques pour refuser de payer la capitation. Mu`âwiyah lança alors une nouvelle expédition militaire contre l’île pour la soumettre à nouveau à l’autorité musulmane. Mais quelques années plus tard, les difficiles circonstances politiques que traversait l’État islamique, dues au conflit armé entre `Abd Allâh Ibn Az-Zubayr, Compagnon du Prophète et fils du Compagnon Az-Zubayr Ibn Al-`Awwâm, l’un des Dix promis au Paradis, et `Abd Al-Malik Ibn Marwân, Calife omeyyade, permirent aux Byzantins de reprendre le contrôle de Chypre.

Plusieurs conflits armés opposèrent Musulmans et Byzantins au sujet de l’île. Des expéditions navales furent ainsi lancées par les Musulmans en 748, en 775 et en 806 E.C..

Durant les Croisades, Chypre joua un rôle hostile aux Musulmans. Conquise en 1191 E.C. par le Roi d’Angleterre Richard Cœur-de-Lion, elle devint une base militaire assurant le soutien logistique des forces croisées. Lorsque les derniers Francs furent chassés de Syrie à la fin du XIIIe siècle, ils se regroupèrent à Chypre d’où ils menaient des raids et des actes de piraterie contre les navires et les rivages musulmans. L’un des pires actes de piraterie auxquels ils se livrèrent fut le pillage d’Alexandrie en 1366 E.C., mené sous les ordres de Pierre Ier de Chypre. Les pirates chypriotes avaient alors occupé pendant trois jours la ville d’Alexandrie, massacrant les habitants, violant les femmes et capturant des prisonniers.

Face à cette source d’inquiétude permanente, le Sultan mamelouk Al-Ashraf Barsabây décida en 1426 E.C. de reconquérir Chypre et de l’annexer à son État. Mais la République de Venise reprit le contrôle de l’île en 1490 E.C. pour y asseoir durablement sa domination.

Les Ottomans post-magnifiques

À la mort du Sultan ottoman Sulaymân Al-Qânûnî (Soliman le Magnifique) le 7 septembre 1566 E.C., à l’âge de 71 ans, et après un règne de 46 ans, ce fut son fils Salîm II (Selim II) qui prit la succession à la tête du Califat. Salîm II était né de l’union de Sulaymân Al-Qânûnî avec son épouse russe, Roxelane. Mais le fils n’était en rien comparable au père, en termes de puissance, de force de caractère et de charisme. Il n’était pas vraiment prêt à préserver les acquis de son père, sous le règne duquel l’Empire ottoman avait atteint son apogée, avant de commencer un inexorable déclin.

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Le Sultan Salîm II

La faiblesse de Salîm II incita plusieurs puissances mondiales à essayer de se tailler une part dans la Sublime Porte. Mais la présence de personnalités éminentes aux postes clés du gouvernement ottoman, à l’instar d’As-Sadr Al-A`dham ou Grand Vizir Sokollû Pacha, pallia aux déficiences du Calife. Par ailleurs, l’esprit du jihâd et la foi en la puissance militaire de l’Empire, insufflés par Sulaymân Al-Qânûnî, étaient encore suffisamment présents dans les consciences ottomanes pour repousser les agressions extérieures.

Salîm II dut ainsi faire face par exemple en 1567 E.C. à un soulèvement chiite, plus précisément zaydite, au Yémen, qui obligea les Ottomans à se retirer de l’intérieur des terres et à se cantonner aux côtes. Ils ne purent reprendre en main la situation et rasseoir leur autorité sur le Yémen que deux ans plus tard.

Sur les frontières orientales de l’Empire ottoman, l’Empire séfévide, ancêtre de l’actuel Iran, et d’obédience chiite, entretenait des rapports très tendus avec les Ottomans. Au nord, l’Empire russe prenait de plus en plus d’envergure au plan commercial, économique et politique. Il venait de s’emparer de Kazan et d’Astrakhan.

La reprise de l’offensive

Face à cette ère de recul dans laquelle pénétrait l’Empire ottoman post-magnifique, les grandes figures de l’État décidèrent de repasser à l’offensive en reconquérant l’île de Chypre, naguère musulmane, et désormais sous contrôle vénitien. Venise constituait alors la principale menace maritime pour le commerce florissant de l’Empire en Mer Méditerranée. Chypre se trouvait précisément sur la route maritime reliant l’Anatolie à l’Égypte (ottomane depuis 1517 E.C.), et les Vénitiens l’utilisaient pour attaquer les navires de commerce ou de pèlerins. Les rapports entre les deux puissances maritimes rivales étaient donc très tendus, malgré un certain nombre d’accords qu’elles avaient signés.

Au plan religieux, bien que les Vénitiens catholiques dominassent Chypre, les Chypriotes étaient eux-mêmes rattachés à l’Église orthodoxe. Ils eurent donc à subir maintes exactions de la République de Venise. Par ailleurs, en 1567, le Sheikh de l’Islam (Shaykh Al-Islâm) - titre donné à la plus haute autorité musulmane de l’Empire et personnalité la plus influente après le Sultan, avant même le Grand Vizir - émit une fatwâ décrétant que puisque Chypre était autrefois une île musulmane conquise par les actuels ennemis vénitiens, il était du devoir des Musulmans de la leur reprendre.

Salîm II, assuré ainsi que la guerre qu’il mènerait pour récupérer Chypre était légitime, demanda l’avis de ses conseillers et des grands hommes d’État de l’Empire. La plupart le soutenaient, mais un certain nombre de personnalités ottomanes demeuraient sceptiques. Elles craignaient que la reconquête de Chypre ne serait pas digérée par la chrétienté, qui pourrait s’unir contre l’ennemi ottoman, notablement affaibli depuis la disparition de Sulaymân Al-Qânûnî. Selon eux, la guerre ne serait pas seulement entre l’Empire ottoman et la République de Venise, mais entre l’Empire ottoman et toute l’Europe chrétienne.

Le Sultan Salîm II balaya néanmoins ces doutes et prit la ferme décision de reconquérir Chypre et d’en refaire une île musulmane.

La reconquête

Les Ottomans préparèrent minutieusement la campagne de Chypre, notamment en ce qui concerne leur arsenal maritime. Venise était en effet réputée pour être une redoutable puissance des mers, disposant d’une flotte nombreuse et développée. L’Empire ottoman se dota alors du plus grand nombre de bâtiments de guerre qu’il avait jamais possédé. Pas moins de quatre cents navires affrétés allaient s’engager dans la reconquête de Chypre.

Les Ottomans envoyèrent d’abord une flotte de reconnaissance qui apparut au large des côtes chypriotes en mars 1570 E.C., pendant le mois de Ramadân. La flotte sultanienne, arrimée dans le port d’Istanbul et commandée par l’Amiral Dâmâd Biyâlah Pacha, leva l’ancre le 15 mai 1570. L’armée de terre, composée de soixante mille soldats, était commandée quant à elle par le Ministre d’État, le Général Lâlâ Mustafâ Pacha.

Au printemps 1570 E.C., la flotte ottomane se divisa en trois escadrons qui effectuèrent en Mer Égée des mouvements croisés, afin de flouter leurs intentions. Puis ils se réunirent à nouveau pour amener les forces d’occupation vénitiennes sur la côte méridionale de Chypre. La flotte ottomane débarqua ainsi dans le port de Limassol le 1er juillet 1570. Quelques semaines plus tard, les Ottomans lancèrent leurs opérations militaires terrestres qui allaient durer treize mois. Ils assiégèrent la ville de Nicosie où s’étaient retranchés dix mille soldats vénitiens et qui abritait quinze canons. Au terme d’affrontements qui durèrent quarante-neuf jours, ils parvinrent à prendre la ville le 9 septembre 1570.

Après ce succès retentissant, les villes chypriotes commencèrent à tomber les unes après les autres. Ce fut néanmoins la ville côtière fortifiée de Famagouste qui opposa le plus de résistance à l’armée ottomane. Sept mille soldats vénitiens, parmi lesquels cinq grands généraux, ainsi que soixante-quinze canons, y étaient en effet retranchés. Ces forces reçurent par ailleurs un renfort de mille six-cents soldats vénitiens et des quantités importantes de vivres et de munitions. Dans le même temps, les Ottomans apprirent que le Pape Pie V venait de former, le 25 mai 1571, une alliance chrétienne rassemblant la majorité des royaumes et des États chrétiens d’Europe.

Face à cette situation critique au point de vue stratégique et militaire, Istanbul décida d’envoyer à l’armée ottomane à Chypre des renforts et un soutien logistique. Par ailleurs, les Ottomans lancèrent une flotte de près de quatre cents navires qui avaient pour mission de se positionner au large des côtes italiennes et de couper l’aide aux Vénitiens assiégés à Chypre. Le Général Lâlâ Mustafâ décida de ne garder avec lui que quarante bâtiments pour assiéger Famagouste. La mission fut un succès, puisque sans renforts vénitiens, Famagouste ne tarda pas à tomber le 1er août 1571. La reconquête de Chypre était achevée.

Pour préserver cet acquis, les Ottomans firent s’installer à Chypre de nombreux Anatoliens, ce qui accrut considérablement la population vivant sur l’île. Entre 120 mille et 150 mille habitants vivaient à Chypre avant la reconquête tandis que le nombre d’immigrants est estimé selon les sources entre 30 mille et 200 mille Turcs musulmans. Cette reconquête fut par ailleurs perçue par la population grecque orthodoxe comme une libération. Dans certaines villes comme à Lefkara, il y eut des soulèvements contre les Vénitiens et des engagements aux côtés des Ottomans. Ces derniers prirent d’ailleurs des mesures rapides pour mettre fin aux injustices que subissaient les Orthodoxes. Ils abolirent ainsi le servage et octroyèrent aux familles paysannes la propriété des terres sur lesquelles elles travaillaient depuis des siècles.

L’Église orthodoxe fut également libérée du contrôle de la hiérarchie romaine et reprit son indépendance à travers l’Archevêché de Chypre. L’Église catholique des Croisés et des seigneurs vénitiens fut expulsée quant à elle de l’île. Ses édifices furent confisqués et convertis en mosquées ou revendus à l’Église orthodoxe. Les Catholiques qui habitaient sur l’île depuis la domination vénitienne durent choisir entre la conversion à l’Islam ou à l’Orthodoxie et l’exil.

Malgré la cuisante défaite de Lépante (en octobre 1571) consécutive à la reconquête de Chypre, et où la flotte ottomane fut anéantie par l’alliance chrétienne de Pie V, les Ottomans parvinrent à sauver Chypre et à garder en main leur destin en Mer Méditerranée.

Deux ans plus tard, durant les pourparlers de paix, le Grand Vizir dit à l’ambassadeur vénitien : « En conquérant Chypre, nous vous avons amputés d’un bras, mais en défaisant notre flotte, vous avez seulement rasé notre barbe. Vous ne pouvez pas espérer qu’un autre bras repoussera pour remplacer le bras amputé, alors que la barbe rasée repoussera à nouveau et de manière encore plus abondante ».

L’histoire donna raison au Grand Vizir puisque la domination ottomane sur l’Ile Verte, comme ils l’appelaient alors, perdura pendant 307 ans, jusqu’à ce qu’elle soit cédée à l’Empire britannique en 1878 E.C., contre la somme de 92 mille livres anglaises...

 

Sources : Islamonline.net, Moqatel.com et le site du Manolya Hotel.
16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 02:50
10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 03:51

 

 

10 avril 2010 6 10 /04 /avril /2010 02:59

 

Bande-annonce du documentaire "Khmers islam" à propos des musulmans du Cambodge sous le régime des Khmers rouges...

11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 15:01

Le califat de Cordoue fut le califat occidental dans lequel régna la branche des Omeyyades dite des Omeyyades de Cordoue, concurrent des Abbassides dans la civilisation islamique alors à son apogée. Son extension maximale atteint plus de 80 % de la péninsule Ibérique, et fait suite aux invasions musulmanes en Europe occidentale.

Le nom califat occidental correspondant à Cordoue, s'oppose au califat abbasside, situé à Bagdad, pendant la période de leur coexistence.

Histoire 

Origine

La conquête musulmane de l'Espagne s'est faite en 711 et les territoires conquis ont, ensuite, été constitués en un émirat omeyyade relevant de l'autorité des califes de Damas. Les Omeyyades sont détrônés, en 750, par les Abbassides qui fondent leur propre dynastie. Pour assurer la survie de la nouvelle dynastie, presque tous les membres de la dynastie omeyyade sont massacrés mais, le prince Abd al-Rahman Ier réussit à s'enfuir et à gagner l'Espagne. Il y établit une nouvelle dynastie à Cordoue et le pays devient, en 756, un émirat indépendant. Le 16 janvier929 Abd al-Rahman III s’affranchit de l’autorité politique et religieuse de Bagdad en s’attribuant les titres de calife. L'État des Omeyyades de Cordoue se transforme, ainsi, en califat qui va exister jusqu'en 1031. En 932, Tolède tombe aux mains des Omeyyades de Cordoue après un siège qui a infligé une terrible famine aux habitants. Le califat entre dans une période de paix et de prospérité. Vers 950, Abd al-Rahman III porte son autorité sur le Maghreb de Tanger à Alger. Il se heurte aux attaques des Fatimides. En 955, le diplomate Hasdaï ben Shatprut est envoyé en compagnie d’un autre émissaire négocier un traité de paix avec le roi Ordoño III des Asturies. Le duc de Castille accepte à son tour un accord de paix. A la mort d'Ordoño III (hiver 956-printemps 957), son frère le roi de León Sanche Ier le Gras refuse d’honorer le traité de paix. La guerre reprend entre chrétiens et musulmans. Renversé par Ordoño IV en 958, Sanche obtient l'aide du calife de Cordoue pour regagner son trône, deux ans plus tard, et renouvelle la paix.

Épanouissement 

La salle du trône d'Abderramane III, à Madinat al-Zahra.

Abd al-Rahman III transforme et embellit Cordoue et fixe sa résidence à Madinat al-Zahra, ville créée pour sa favorite Zahra à huit kilomètres de Cordoue. Sous son règne et celui de son successeur al-Hakam II, Al-Andalus connait la prospérité.

L'expansion du califat de Cordoue sous Almanzor (977-1002).

Sous le règne d'al-Hakam II à partir de 961, le califat est à son apogée. Son successeur Hicham II, en raison de son jeune âge, règne sous la tutelle du vizir du palais Ibn Abî’Amir (Almanzor). Celui-ci parvient à vaincre les Arabes qui s’étaient rebellés après son coup de force en s’appuyant sur de nouveaux arrivants berbères. Almanzor est victorieux de Ramire III de León en 978. Il relance la guerre sainte à partir de 980. Dans al-Andalus, il maltraite et persécute les mozarabes. Juifs et chrétiens se réfugient vers le nord. Il lance des raids contre la Catalogne et les Asturies. Barcelone985, ses habitants sont faits prisonniers sans que le roi des Francs ne réponde à leur appel. Les Juifs de la ville sont massacrés. En 997, il prend Saint-Jacques de Compostelle dont le sanctuaire est détruit. est détruite en

Effondrement 

À la mort d'Almanzor en 1002, le califat de Cordoue amorce sa chute tandis que l’armée nomme et destitue les califes. La guerre civile éclate à la mort de son fils Abd al-Malik al-Muzaffar en 1008. Les Berbères, les Arabes, les Slaves et les Espagnols s’affrontent pour le pouvoir. Cordoue est saccagée par les chrétiens en 1009. Madinat al-Zahra, la résidence du calife près de Cordoue, est détruite par les Berbères en 1013. Dès 1023, Abbad Ier, qadi (juge) de Séville se déclare indépendant et fonde le royaume abbadide qu’il agrandit avant sa mort. En 1027, les Cordouans font enfermer le dernier calife omeyyade dans une pièce avec sa fille qu’il adorait. Ils manquent de mourir de faim avant d’être relâchés. Suite à son éclatement à partir de 1031, le Califat est partagé entre 23 roitelets indépendants (Reyes de taifas,muluk at tawaif). Leurs gouverneurs se proclament émirs et lient des relations diplomatiques avec les royaumes chrétiens.

Personnages importants

Article détaillé : Califes de Cordoue.

Économie

L’agriculture reste traditionnelle (céréales, olivier, vigne) mais les Arabes ont amélioré les systèmes d’irrigation dans les vallées et les zones littorales et ont développé les cultures du figuier, de la canne à sucre, du citronnier, du bananier, du palmier-dattier (Elche), des plantes aromatiques et colorantes (safran, garance, coriandre, henné) et des textiles (lin et coton).

L’Espagne produit des minerais : or (Lérida, Grenade), argent (Murcie, Béja), fer (Guadalquivir), cuivre (Tolède, Elvira), plomb, marbre blanc (Sierra Morena), onyx (Grenade), pierres précieuses. Elle fabrique des armes (Tolède), travaille le verre et le cuir (Cordoue). Elle vend de l’huile et des tissus pour acheter du blé. Des esclaves, venus d’Europe orientale par Verdun, y transitent pour être envoyés en Orient.

Cordoue est avec Bagdad et Constantinople une des trois plus grandes villes du monde, avec près de 250 000 habitants. [1]

Culture 

La porte du premier ministre à Madinat al-Zahra.

La langue officielle d’al-Andalus est l’arabe et tous les sujets portent des noms arabes quelles que soient leurs confessions. Les Juifs restent fidèles à l’hébreu et les mozarabes au latin. Les Juifs qui voyagent à Constantinople et à Alexandrie savent aussi le grec.

Abd al-Rahman III entretient de bons rapports avec les Juifs et les chrétiens. Il a pour conseiller et ami Recemundo, évêque de Cordoue, « Rabbi ben Zaïd ». Le calife prend à cœur de convoquer lui-même les conciles. Son médecin est le Juif séfarade Hasdaï ben Shatprut, à la fois philosophe et poète, qui traduit en arabe De materia medica, un manuscrit du médecin grec Dioscoride (d’Arnazarbe), envoyé par l’empereur byzantin Constantin VII Porphyrogénète. Hasdaï favorise d’autres intellectuels juifs, poètes et exégètes, dont les manuscrit nous sont ainsi parvenus (Jacob Al-Turtusi, Jeuda ben Sheshet, Dunash ben Labrat, Menahem ben Saruq, Moïse ben Hanoch, etc.). Ils communiquent avec le centre rabbinique de Babylone où se met au point la version définitive du Talmud sous l’égide de Saadia Gaon.

Al-Hakam II réunit une bibliothèque de plus de 400 000 volumes. Il envoie ses agents dans le monde à la recherche d’ouvrages rares. Ce travail permettra la transmission du legs gréco-romain à l'Occident. Almanzor crée une école de poésie à Cordoue, mais expurge la bibliothèque d’al-Hakam des ouvrages qu’il juge suspects d’hérésie.

11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 14:51

Un califat (arabe : خِلافة) est le territoire reconnaissant l'autorité d'un calife (arabe : خليفة), successeur du prophète de l'islam Mahomet dans l'exercice politique du pouvoir. Ce mot sert aussi à désigner le régime politique lui-même et la période pendant laquelle il s'exerce (ex. « pendant le califat de Haroun Al Rachid »).

En français, le mot califat provient du mot calife par adjonction du suffixe -at.

Plusieurs califats ont existé depuis la fondation de l'islam, suite aux luttes que se livrèrent les différents prétendants au titre de successeur de Mahomet, après les quatre premiers califes.

Les plus importants sont :

Sommaire

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Les premiers califes (632-661)

Article détaillé : Rashidun.

À la mort de Mahomet en 632, l'islam est désuni : alors que Abou Bakr est désigné, une querelle naît entre les habitants de Médine et de La Mecque concernant la succession de Mahomet. Certains préfèrent une succession issue de la famille en proposant notamment Ali son gendre pour lui succéder. Les compagnons s'y opposent et nomment Abou Bakr : le premier calife sera donc Abou Bakr (ou Abubéker) qui poursuit la conquête de la péninsule d'Arabie. À sa mort en 634, son Premier ministre Omar (ou Umar) lui succède. Celui-ci conquiert la Palestine, la Mésopotamie, l'Égypte et la Perse ; en 644, il est poignardé par un esclave persan non musulman auquel les Médinois avaient donné le nom d'abu lu'lu'a dans la mosquée alors qu'il était en prière. Après sa mort, un troisième calife fut désigné par consultation des compagnons de Mahomet : Uthman (644-656). Le quatrième calife est Ali, cousin et gendre du prophète de l'islam (656-661). Les khoulafah Rashidun ou bien les quatre califes bien guidés est un terme employé dans l'islam sunnite et en règle général pour se rapporter aux quatre premiers califes.

Les Omeyyades (661-750)

Articles détaillés : Omeyyades et Omeyyades de Cordoue.

Les Omeyyades (ou Umayyades) sont une dynastie de califes qui gouvernèrent le monde musulman de 661 à 750, établissant leur capitale à Damas. Ils tiennent leur nom d'un de leurs ancêtres, Abu Umayya. Ils appartenaient à la tribu des Quraychites, tribu dominante à La Mecque au temps de Mahomet. Après s'être opposés à celui-ci, ils l'avaient rejoint au dernier moment.

Les Omeyyades étaient liés avec le troisième calife, Uthman. Quand celui-ci fut assassiné par des opposants qui portèrent au pouvoir Ali, cousin et gendre de Mahomet, tous ceux qui étaient liés à Uthman crièrent vengeance, notamment l'omeyyade Mu`âwîya, qui était alors gouverneur de Syrie. À la suite de quelques combats, Ali fut écarté du pouvoir par un arbitrage, et Muawiya fut proclamé calife par les Syriens (661). Seuls les chiites reconnaissent la légitimité d'Ali. Celui-ci ayant été assassiné la même année par les kharidjites, ses anciens partisans, plus rien ne s'opposa ensuite au règne des califes omeyyades.

Cependant, à partir des années 680, une série de troubles internes faillit mettre fin à cette dynastie, mais elle réussit toujours à reprendre le dessus :

En 680, à la mort de Muawiya, les notables de la ville majoritairement chiite de Koufa, en Mésopotamie, voulurent mettre sur le trône Husayn, second fils d'Ali. Ils furent écrasés à Kerbala par une armée omeyyade. En 683, un notable quraychite, Abd Allah ben az-Zubayr, souleva en Arabie les deux villes saintes de La Mecque et Médine, et étendit son pouvoir jusqu'à Basra (Bassora), en Irak. En même temps éclatait à Kufa une révolte organisée par Mukhtar au nom d'un des fils d'Ali. De plus, divers groupes kharidjites suscitaient des désordres en Arabie méridionale, en Iran central et en Haute Mésopotamie.

Heureusement pour les Omeyyades, les divers groupes insurgés n'avaient aucune union entre eux. Les Kharidjites ne s'étendirent pas hors des déserts ; Abd Allah fut vaincu par le calife Abd al-Malik, tandis que Mukhtar était écrasé par le frère d'Abd Allah, qui gouvernait Basra.
Les adversaires du régime l'accusaient d'impiété pour diverses raisons :

  • il avait usurpé la place et versé le sang de la famille du prophète de l'islam ;
  • il aurait été trop indifférent à l'islam et à ses règles, notamment en négligeant de convertir les populations conquises.

Il est vrai que les Omeyyades ont longtemps préféré faire payer aux non-musulmans des impôts (capitation et impôt foncier) plutôt que de les convertir. Cependant les successeurs d'`Abd al-Malik choisirent une solution plus souple : on encouragea les conversions, et pour les convertis la capitation fut remplacée par l'aumône légale du croyant; mais l'impôt foncier fut maintenu sur leurs terres (sous prétexte que celles-ci n'étaient pas converties).

Les Omeyyades furent ensuite détrônés en 750 par les Abbassides, qui fondèrent leur propre dynastie. Presque tous les membres de la famille furent massacrés, mais le prince `Abd ar-Rahman Ier, réussit à s'enfuir, à gagner l'Espagne et à y établir une nouvelle dynastie à Cordoue. L'émir `Abd al-Rahman III prit le titre de calife en 929, affirmant ainsi la complète indépendance de Cordoue.

Les Abbassides (750-1258) 

Article détaillé : Abbassides.

La nouvelle dynastie abbasside a conservé la fonction de calife jusqu'au XVIe sièclesiècle, mais ces califes n'ont exercé la réalité du pouvoir que durant certaines périodes limitées.

Apogée et déclin (750-945)

Les commencements du règne abbasside furent marqués par une réforme de l'empire prenant mieux en compte les populations non arabes et non musulmanes. Ce fut également une époque de développement urbain, symbolisé par la nouvelle capitale, Bagdad, fondée par Al-Mansûr en 762. Cependant, le pouvoir fut rapidement déstabilisé, en particulier par la forte présence de mercenaires turcs dans l'armée et dans la garde du calife. Les tensions provoquées par cette situation amenèrent les califes à déplacer la capitale à Samarra entre 836 et 883.

Par ailleurs, dès le IXe siècle, l'autorité du calife s'estompa à la périphérie de l'empire. La Tunisie et la TripolitaineAghlabides, l'Égypte sous celle des Toulounides. la Transoxiane et le Khorasan se trouvèrent successivement sous la domination des Tahirides, des Saffarides puis des Samanides. prirent leur autonomie sous la conduite des

Le pouvoir abbasside acheva de s'affaiblir avec la fondation du califat schismatique fatimide, mais surtout, en matière de politique interne, avec l'importance croissante des vizirs et des émirs turcs. En 936 est créée la fonction de grand émir dont le pouvoir est très étendu, tant dans le domaine militaire que dans les finances.

Le califat sous tutelle (945-1180)

Après s'être réduit progressivement, le statut du calife ne fut plus que celui, symbolique, de « commandeur des croyants », et la réalité du pouvoir politique fut assurée par des dynasties non arabes.

Les Bouyides (945-1055) 

Article détaillé : Bouyides.

La famille des Bouyides, d'origine iranienne, s'empara en 945 de la fonction de grand émir et domina essentiellement l'Irak et l'Iran.

Les Seldjoukides (1055-1180) 

Article détaillé : Seldjoukides.

Au début du XIe siècle, la tribu turque des Oghouzes, dominée par le clan des Seldjoukides, envahit les provinces orientales de l'empire arabe puis l'Iran. En 1055, leur chef Tuğrul Bey prit Bagdad et se fit reconnaître comme sultan. Son ambition affichée était de réinstaurer la légitimité d'un pouvoir sunnite face aux Bouyides chiites et au califat fatimide qui avait progressé vers l'Égypte puis jusqu'en Syrie et au Hedjaz, et de reprendre possession au nom du calife les villes saintes de La Mecque, de Médine et de Jérusalem.

De fait, le pouvoir seldjoukide s'empara de la Syrie (mais les Croisés prirent Jérusalem en 1099) et l'Asie mineure. Mais rapidement des rivalités se firent jour entre les différents clans turcs et le pouvoir des sultans diminua.

Le renouveau du pouvoir califien (1180-1258) 

Le déclin des sultans seldjoukides permit au calife An-Nasir de restaurer son autorité sur l'Irak. Mais l'invasion mongole de 1258-1260 et l'exécution d'Al-Musta'sim mirent un terme définitif au pouvoir abbasside.

Le sultanat mamelouk (1261-1517) 

Article détaillé : Mamelouk.

Al-Mustansir, un membre de la famille abbasside, se réfugia en ÉgypteSaladin avait détruit la dynastie fatimide en 1171 et que dirigeaient les Mamelouks depuis 1250. Le sultan mamelouk Baybars fit reconnaître Al-Mustansir comme calife afin de légitimer son autorité politique. Mais, de fait, la lignée de calife qui subsista sous le sultanat mamelouk n'avait plus la moindre parcelle de pouvoir et possédait un titre purement honorifique. En 1517, le sultan ottoman Selim Ier conquit l'Égypte, mettant fin au sultanat mamelouk et, du même coup, au califat abbasside.

L'institution califienne ottomane (1517-1924)

Une tradition tardive rapporte que Selim Ier a voulu perpétuer l'institution suprême de l'islam en assumant à son tour le titre de calife. Ce fait est invérifiable et largement mis en doute par les historiens arabes, mais les sultans ottomans furent en effet considérés comme porteurs de cette dignité. On peut en voir une illustration dans le soin que Mustafa Kemal Atatürk prit d'abolir officiellement l'institution du califat le 3 mars 1924, deux ans après celle du sultanat. Le dernier et 101e calife (en partant d'Abu Bakr) de la maison ottomane s'appelle Abdul-Medjid. Il est mort en exil à Paris, en 1944, et fut enterré dans la ville sainte de l'islam, Médine, en Arabie Saoudite.

Vers un nouveau califat ? (1924-) 

Le chérif de la Mecque Hussein Al-Rachid (aïeul de la dynastie régnant actuellement en Jordanie), allié des Britanniques durant la Première Guerre mondiale entreprit alors de restaurer la fonction à son profit, mais il échoua devant la montée en puissance d'Abdel Aziz ibn Saoud.

Aujourd'hui, certains mouvements panislamique de l'islam politique, tels le Hizb ut-Tahrir ou les frères musulmans, possèdent dans leur programme politique la volonté de la restauration du califat.

Cependant, depuis 1924, plus aucun calife ne dirige le monde musulman. Cela n'était plus arrivé depuis 632.

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