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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 02:51

1 . Qu'est-ce que la réflexion ?

   Sache que la réflexion consiste en la présence simultanée, dans le coeur, de deux genres de connaissances, celles-ci devant à leur tour en générer une troisième. C'est l'exemple de celui qui penche vers le monde immédiat et le privilégie, mais qui voudrait savoir s'il vaut mieux lui préférer la vie dernière. Se présentent à celui-là deux alternatives.

  • La première : Il entend autrui dire que la vie ultime est préférable au monde qui est le nôtre. Il l'imite alors et lui fait confiance sans discerner par lui-même la réalité de l'affaire. Il se tourne, dès lors, entièrement vers la vie dernière, sur la seule foi de la parole entendue par lui. Ceci est appelé imitation et non connaissance.
     
  • La seconde : c'est de savoir, d'abord, que le durable est meilleur et préférable, puis que la vie dernière est éternelle. De ces deux connaissances, résulte une troisième, c'est que la vie dernière est préférable. Cette connaissance procède nécessairement des deux premières.

Rendre présentes, dans le coeur, les deux premières connaissances afin de parvenir à la troisième, s'appelle méditation (Tafakkur), réflexion (I'tibâr), rappel (Tadhakkur), contemplation (Ta'ammul) et discernement (Tadabbur). Discernement (Tadabbur), contemplation (Ta'ammul) et méditation (Tafakkur) sont des termes synonymes.
 

2 - Rappel (Tadhakkur) et réflexion (I'tibâr) :


 

   Ces deux termes ne recouvrent pas les mêmes significations, nonobstant la communauté de leur signifié. Il en est ainsi du Sârim (sabre tranchant), MulTannad (sabre fait d'un excellent acier en provenance de l'Inde) et Sayf (épée) qui s'appliquent à un même objet, mais avec des nuances. Ainsi, Sârim indique que l'épée est tranchante. Muhannad indique son origine. Sayf réfère, de façon absolue, à l'épée sans notifier les qualités qui sont les siennes.

Il en est de même de l'i'tibâr (réflexion) qui se rapporte au fait de rendre présent les deux premières connaissances (sus-mentionnées) pour s'acheminer vers la troisième connaissance. Si le passage vers cette dernière ne se fait pas, l'on demeure dans le rappel (Tadhakkur). Quant à la méditation (Tafakkur ou Nazar), elle est quête de la troisième connaissance. Ainsi, celui qui n'aspire pas à cette connaissance n'est pas appelé Méditant (Nâzir). Tout méditant (Mutafakkir) est un rappelant (Mutadhakkir), mais tout rappelant n'est pas nécessairement un méditant. L'intérêt du rappel (Tidhkâr) c'est de renvoyer au coeur les connaissances pour définitivement les y enraciner. Quant à l'intérêt de la méditation, c'est d'accroître la science et de drainer une connaissance non encore acquise.
 

3 - La multiplication de la connaissance:

   Lorsque les connaissances se mêlent dans le coeur selon une disposition particulière, elles produisent une nouvelle connaissance. C'est que la connaissance procède de la connaissance. La multiplication de la connaissance jamais ne cesse; c'est ainsi que se prolongent les sciences et la pensée à l'infini. Il n'est que la mort ou les contretemps pour empêcher l'accroissement des connaissances. Ceci s'applique à celui capable d'exploiter les sciences et de trouver le chemin de la réflexion.

La plupart des gens ne peuvent progresser sur la voie des sciences, car n'ayant pas de capital, en l'occurrence les connaissances qui permettent de tirer parti des sciences. Ils sont comme celui qui, ne détenant aucune marchandise, ne peut prétendre au bénéfice. Il peut même être en possession de marchandises, mais ne pas en tirer un quelconque bénéfice, car ne maîtrisant pas l'art du commerce. L'on peut, de même, avoir des connaissances, autrement dit le capital des sciences, mais ne pas savoir les utiliser, composer et réaliser l'assemblage qui génère leur multiplication.

 

   Savoir utiliser et tirer parti des connaissances se font parfois de façon innée, Allah  déposant dans le coeur une lumière venant de Lui, c'est le cas pour les Prophètes - et cela est très rare -, mais la plupart du temps il faut passer par l'apprentissage et la pratique. En outre, il arrive que le méditant voit se présenter à lui ces connaissances dont il récolte le fruit sans savoir comment, ni être en mesure de l'exprimer en raison de son peu d'expérience dans la pratique de l'expression. Combien d'hommes savent de science certaine que la vie dernière est préférable (au monde présent), mais ne peuvent exprimer l'origine d'une telle connaissance, bien que celle-ci ait été la suite des deux premières connaissances, à savoir que le durable est préférable et que la vie dernière est éternelle. Donc, la méditation consiste en la présence simultanée de deux connaissances, celles-ci acheminant le méditant à une troisième connaissance.

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